
Lola Montez. Elle comprit que son chemin de vie était celui de Cendrillon.
Il ne faut pas attribuer des qualités fatales à toutes les femmes, mais certaines d’entre elles se distinguaient clairement par un magnétisme qui leur permettait d’influencer même les plus puissants de ce monde.
On pourrait croire que les rois et les princes ont accès à toutes les beautés, et souvent c’était le cas : le roi-Soleil entretenait un « parc aux biches » à Versailles, les rois bibliques se baignaient dans les plaisirs charnels que leur offraient des légions de concubines. Pourtant, il arrivait que le souverain d’un État rencontre cette unique magicienne pour laquelle il rejetait la couronne…
Femme qui ouvrit les « portes du paradis »
Eliza Rosanna Gilbert, connue sous le nom de Lola Montez, marqua l’histoire. Eliza naquit en Irlande le 17 février 1818, perdit son père très tôt et se maria jeune avec l’officier anglais Thomas James. Gardienne du foyer, Lola ne le devint pas — cela ne l’attirait pas. Elle aspirait désespérément au miracle, à la fête, aux feux d’artifice, à l’éclat, aux métamorphoses, à l’amour, à l’adoration… Elle rêva que tout cela pourrait lui être offert par la scène. Elle était gracieuse, spectaculaire, légère, plastique — pourquoi pas ? Lola s’entraîna avec acharnement, et de retour d’Inde en 1843, elle monta sur la scène d’un théâtre d’opéra — en tant que danseuse de danses espagnoles.
Le talent ne fut pas son allié dans ce domaine, mais ses numéros maladroits étaient rachetés par une silhouette féminine raffinée, des jambes fines et une poitrine parfaite. C’est sur cet « appât » que tomba l’un des princes de Thuringe, qui l’invita chez lui. Ces « visites » ne durèrent pas longtemps, mais le simple fait en disait long ! Et c’est alors qu’elle comprit que son chemin de vie était celui de Cendrillon.
Tout astrologue supposerait que dans le thème de Cendrillon, Chiron doit nécessairement former un bon aspect — cette planète apporte des « miracles dans un tamis ». Pourtant, dans la cosmographie de Lola, Chiron n’avait pas d’aspect harmonieux. Peut-être aurait-elle pu éviter de prendre des risques si elle avait été forte en astrologie et avait su cela. Mais la machine de la tentation était déjà en marche — Lola, comme une comète, se précipitait vers le monde des couronnés. Après s’être « exercée » avec le prince russe Paskevitch et le roi de la musique Franz Liszt, elle dirigea ses charmes vers le roi de la presse parisienne, Dujarier. Paris n’en revenait pas : Dujarier, habitué aux femmes, se maria ! Le printemps 1846 approchait, moment où l’incomparable Lola devait devenir pour la seconde fois une épouse légitime. Mais un imprévu survint : Dujarier, devenu un jaloux fou, provoqua en duel l’un des soupirants de Lola et fut tué.
Il semblait que ce dénouement sanglant enterrait les espoirs irisés de Lola. Elle se sentait veuve inconsolable. Et soudain, la voix de son premier mari se fit entendre, qu’elle avait appris par la presse. Lola fut consolée par des bras familiers, le couple se reforma et, pour éviter le scandale public, quitta précipitamment Paris pour l’Allemagne.
Le théâtre de Munich n’était pas mal non plus. Bientôt, Lola parvint à attirer l’attention du roi de Bavière — Louis Ier. Et l’attention d’un roi a un prix. En février 1847, le ministre des Affaires étrangères reçut une instruction signée par le roi, préparant pour Lola Montez un décret de naturalisation et ajoutant à son nom le titre de comtesse. Bien sûr, Louis avait une épouse et neuf enfants, mais sa passion pour Lola était bien réelle.
Contrairement à son père, Louis Ier était hostile à Napoléon Ier, mais il commanda la division bavaroise dans les guerres contre la Prusse et l’Autriche entre 1806 et 1809. Après la guerre avec la France, il vécut principalement à Wurtzbourg et Aschaffenbourg, effectuant souvent des voyages en Italie. Il s’entoura d’écrivains et d’artistes, les soutenant dans leur travail. Dans sa vie privée, le roi était remarquablement économe, mais dépensait des fortunes pour ses collections d’œuvres d’art, le soutien aux théâtres, etc.
Ses opinions politiques étaient alors empreintes d’un certain libéralisme. Il aspirait surtout à faire de Munich les « nouveaux Athènes ». Il fit construire divers bâtiments — tantôt dans un style grec, tantôt italien. Son œuvre la plus célèbre reste la « Walhalla », un temple abritant les bustes de tous les Allemands célèbres, à l’exception de Luther et des figures de la Réforme (Louis était un catholique fervent). Parallèlement, il s’adonnait à la poésie et à l’écriture. Plusieurs livres furent publiés, mais les œuvres du roi, marquées par un langage prétentieusement archaïsant, ne laissèrent aucune trace dans la littérature allemande.
Né sous le signe de la Vierge (25 août 1786), Louis Ier se distinguait par une méfiance prononcée. Au moment de sa naissance, la Lune et le Soleil se trouvaient en Vierge, une conjonction stellaire indiquant des traits de caractère extraordinaires. L’une de ses excentricités fut son amour pour une « danseuse espagnole ». Il faut reconnaître que Lola possédait un charme envoûtant : d’un côté, une imprévisibilité et une liberté absolues (le pragmatique et analytique Louis ne pouvait la comprendre), de l’autre, un fort instinct maternel. Sa Lune en Cancer révèle sa vulnérabilité, sa sensibilité.
Si l’on combine les cosmographies des amants, le Nœud Sud lunaire de Louis se connecte à la Lune de Lola — en astrologie indienne, cela indique clairement un lien dans une vie antérieure. Et pas seulement un lien : dans une de ses incarnations, Lola fut la mère de Louis ! Cette connexion expliquerait probablement la force de l’influence de Lola sur le roi de Bavière. On disait d’elle qu’elle avait réussi à « vaincre Loyola », c’est-à-dire à renverser le ministère clérical d’Abel, puis le ministère modéré de Maurer. À la place fut formé ce qu’on appela le « ministère de Lola ». Elle établissait des liens avec le monde des affaires et rédigeait des documents d’État sous la signature de « maîtresse du roi » — courtisane du roi. Il va sans dire que la réaction ne pouvait être positive. La haine générale envers Louis fut exprimée par Heine (dans « Zeitgedichte »), qui ridiculisa sans pitié le mécénat de Louis, sa poésie et l’influence de sa maîtresse sur lui.
« Cherchez la femme » — disent les Français. Lola fut le début, et la fin — la demande de liberté et de réforme électorale. En larmes, Louis estima qu’il valait mieux se séparer de la femme qui lui avait ouvert les « portes du paradis ». Placée dans un carrosse royal, sous la garde de gardes, Lola quitta Munich. Mais cela n’apaisa pas la situation dans le pays : les Bavarois exigeaient l’abdication du monarque, et Louis posa la couronne…
Lola, accablée par ce tournant des événements, s’embarqua pour l’Amérique. Elle se maria encore trois fois, et à l’âge de 42 ans, elle mourut de pneumonie, enterrée au cimetière de New York sous son nom de jeune fille — Eliza Gilbert.

Wallis Simpson et Édouard VIII, roi de Grande-Bretagne et d’Irlande, empereur des Indes pendant dix mois, mais jamais couronné. Leur amour est souvent décrit comme romantique et sacrificiel.
Le cœur n’obéit pas à la raison
Wallis Simpson et Édouard VIII, roi de Grande-Bretagne et d’Irlande, empereur des Indes pendant dix mois, mais jamais couronné. Leur amour est souvent décrit comme romantique et sacrificiel.
Wallis naquit à Baltimore (Maryland) le 19 juin 1896. Son père était un homme d’affaires prospère. À vingt ans, elle épousa le pilote de marine Winfield Spencer. Ce brave aviateur se révéla être un alcoolique aux tendances sadiques, ce qui poussa Wallis à le quitter. Plus tard, en Chine, ils tentèrent de vivre ensemble à nouveau, mais il replongea dans l’alcool, et le couple se sépara définitivement.
Wallis épousa ensuite Ernest Simpson, un homme d’affaires divorcé, et s’installa à Londres. Là, le couple se lia d’amitié avec Thelma Furness, maîtresse du prince de Galles Édouard. Le 10 janvier 1931, Thelma invita les Simpson à sa résidence de campagne à Melton Mowbray, où ils firent la connaissance de l’héritier du trône — avec dignité et noblesse. Et en 1934, un roman s’engagea entre Wallis Simpson et le prince de Galles.
Les événements se sont déroulés de manière intéressante : le 20 janvier 1936, le roi George V mourut, et le prince de Galles devint Édouard VIII. Peu avant cela, la presse étrangère avait révélé l’existence d’une relation entre le prince de Galles et Wallis Simpson. Le gouvernement avait ordonné à la presse britannique de ne pas couvrir cette liaison. Le Premier ministre Stanley Baldwin avait conseillé au roi d’envisager les problèmes constitutionnels qui pourraient survenir s’il épousait une femme divorcée. Édouard VIII bénéficiait du soutien politique de Winston Churchill et de lord Beaverbrook, mais il était parfaitement conscient que sa décision d’épouser Wallis Simpson serait impopulaire dans la société britannique. L’archevêque de Canterbury s’opposait également farouchement à cette union. Le gouvernement savait aussi que Wallis Simpson entretenait des liens avec d’autres hommes, dont le concessionnaire automobile marié Guy Trundle et Edward Fitzgerald, duc de Leinster. De plus, le FBI estimait que Simpson avait entretenu une relation avec Joachim von Ribbentrop, ambassadeur d’Allemagne nazie en Grande-Bretagne, et qu’elle avait transmis à l’Allemagne des informations secrètes obtenues auprès du roi Édouard VIII.
Quoi qu’il en soit, le 10 décembre 1936, le roi Édouard VIII signa son abdication. Le lendemain, il s’adressa à la nation par radio, déclarant avoir renoncé au trône car il lui était impossible d’exercer ses fonctions sans l’aide et le soutien de la femme qu’il aimait.
La nouvelle de l’abdication fit sensation dans le monde entier. Selon le magazine Time, Wallis Simpson fut désignée « Femme de l’année ». Le nouveau roi, le frère cadet d’Édouard, George VI, lui octroya le titre de duc de Windsor. Cependant, sous la pression du gouvernement britannique, l’ajout de la particule « Son Altesse Royale » au titre de la nouvelle duchesse lui fut refusé. En outre, le couple ducal se vit refuser de nombreuses faveurs, y compris l’accès aux pique-niques et rencontres familiales.
La perte de la couronne ne pesait pas lourd pour Édouard : si l’on observe la cosmographie du roi, le pouvoir lui était un fardeau.
Édouard naquit le 23 juin 1894 à Richmond (Angleterre). Son Soleil en Cancer, sa Lune en Poissons — tendre, aimant et indulgent. Mars se trouve au premier degré du Bélier — degré du « bouc émissaire ». Le Nœud Sud, Chiron et Saturne en Balance indiquent des paradoxes, des problèmes liés au mariage et à la loi.
Si l’on combine les cosmographies d’Édouard et de Wallis, on remarque que chez la duchesse, la Lune en Balance est en conjonction avec Saturne de son époux royal — cela suggère qu’Édouard l’oppressait émotionnellement. Cependant, cette pression restait mesurée, car la conjonction dans la synastrie des cosmographies ne présente qu’un aspect harmonieux avec Mercure de la duchesse et Neptune — la planète des tentations. Mercure de Wallis est rétrograde, ce qui signifie que sa pensée est légèrement ralentie, et il semble qu’elle ait été un bon manipulateur, mais qu’elle suivait les idées de son mari.
D’ailleurs, dans la synastrie, aucun aspect tendu n’apparaît, malgré les soupçons selon lesquels Wallis aurait eu une liaison intime avec Ribbentrop. Mercure de la duchesse est rétrograde et en conjonction avec Pluton et Neptune ; les caractéristiques des degrés ne plaident pas en faveur de la chasteté de la duchesse : Mercure — 17e degré des Gémeaux — faiblesse de volonté, effacement des traces, degré des malades mentaux, des névrosés et des pervers. Pluton se trouve au 13e degré destructeur des Gémeaux — mensonges, intrigues, tromperies et environnement défavorable. Neptune au 19e degré des Gémeaux — faiblesse, manque de caractère, solitude dans la vieillesse. Le Soleil de Wallis au 29e degré des Gémeaux — insatisfaction permanente. Jupiter (la planète qui l’a menée au sommet) est également au 10e degré destructeur du Lion — ce degré confère à son possesseur orgueil, pessimisme et corruption. Mars au 22e degré du Bélier annonce des malheurs causés par le sexe opposé.
Après la Seconde Guerre mondiale, le duc et la duchesse de Windsor vécurent en France. Des rumeurs persistèrent selon lesquelles elle continuait à avoir des liaisons désordonnées, notamment avec Jimmy Donahue, petit-fils d’un multimillionnaire, et le propriétaire des magasins Woolworth.
Il faut se souvenir que Mars chez l’époux de Wallis se trouve au degré du « bouc émissaire », et que le père d’Édouard, le roi George V, grondait son fils à cause de ses liaisons avec des femmes mariées, alors qu’il n’était pas encore marié à Wallis. Chez le duc, le Soleil au troisième degré du Cancer — degré de Don Juan — indique également des malheurs causés par les femmes. Jupiter en conjonction directe avec Neptune de son épouse au 19e degré des Gémeaux — manque de caractère. Il serait surprenant de ne pas remarquer que Pluton — planète des masses et des catastrophes — se trouve chez le duc au 11e degré des Gémeaux — degré de l’exil. Il existe également deux degrés de mort violente (6e et 9e degrés de la Balance, et le 19e indique un isolement forcé). Cependant, le 12e degré du Scorpion, où se trouve Uranus rétrograde, suggère que le destin le protège malgré tout, bien que son propriétaire subisse toutes les infamies. De quelles infamies s’agit-il ? Peut-être ne s’agit-il que de ragots. Wallis possède le 13e degré — degré royal — où se trouvent Saturne et Chiron rétrogrades ; ce degré affirme que la personne a de la chance dans les situations les plus difficiles. Ce n’est pas le possesseur du degré qui est blâmé pour ses actes, mais quelqu’un d’autre. Ainsi, la duchesse sortait toujours « sèche des eaux ». La date connue du mariage du duc de Windsor avec « la belle Américaine » — le 3 juin 1937 près de Turin (Italie) — est un jour où la Lune transit en Poissons. C’est la position lunaire la plus favorable pour la vie familiale — un sacrifice. Il semble que ce mot ait été clé dans la vie d’Édouard : sa Lune natale en Poissons soulignait aussi son naturel sacrificiel, et sa mort par cancer de la gorge indique également l’impossibilité d’exprimer et de manifester sa personnalité.
En 1956, Wallis Simpson publia son autobiographie intitulée « Le Cœur a ses raisons ». Après la mort du duc de Windsor, le 28 mai 1972 à Paris, Wallis resta en France. Elle mourut le 24 avril 1986 et fut enterrée auprès d’Édouard VIII dans la crypte royale de Windsor.
Valentina Wittrock




