Il en va ainsi : les relations entre un homme et une femme recèlent une infinité de surprises et de rebondissements inattendus. N’est-il pas naturel que l’on ait imaginé que leurs lointaines origines se situaient sur des planètes différentes ? Aujourd’hui, nous, leurs descendants, nous efforçons avec une ardeur sans pareille de comprendre les actes de nos partenaires, cherchant des réponses tantôt dans la psychologie, tantôt dans le mysticisme. Dans les horoscopes, on peut rencontrer la notion de « bague vectorielle ». De quoi s’agit-il ? Comment l’interpréter et cette alliance existe-t-elle vraiment ? Tentons d’éclaircir ce mystère.
Comme on le sait, l’horoscope chinois se compose de 12 signes. À la fin du XXe siècle, grâce à Grigori Kvascha, est né l’horoscope matrimonial fondé sur les interactions entre les représentants des signes chinois. Après avoir analysé les caractéristiques de chaque signe, il a élaboré un système complet expliquant et analysant les unions entre les différents signes. Dans son horoscope matrimonial, il décrit 144 combinaisons, dont 24 forment le groupe de la bague vectorielle.
Pourquoi Grigori Kvascha a-t-il isolé la bague vectorielle ? Et qu’est-ce donc ? La bague vectorielle, phénomène des plus puissants, refuse toute analyse générale. Il est impossible d’expliquer ou de réduire à une loi universelle une paire appartenant à cette bague. Elle obéit à ses propres règles, une seule propriété les unit : le Serviteur et le Maître.

Il est temps de découvrir les paires de la bague vectorielle (le premier rang est occupé par le Maître) :
1. Rat-Cheval ;
2. Cheval-Cochon ;
3. Cochon-Dragon ;
4. Dragon-Chat ;
5. Chat-Coq ;
6. Coq-Chien ;
7. Chien-Bœuf ;
8. Bœuf-Tigre ;
9. Tigre-Chèvre ;
10. Chèvre-Serpent ;
11. Serpent-Singe ;
12. Singe-Rat.
Autrement dit :
1. Pour le Rat, le Maître est le Singe, et le Serviteur est le Cheval ;
2. Pour le Bœuf, le Maître est le Chien, et le Serviteur est le Tigre ;
3. Pour le Tigre, le Maître est le Bœuf, et le Serviteur est la Chèvre ;
4. Pour le Chat, le Maître est le Dragon, et le Serviteur est le Coq ;
5. Pour le Dragon, le Maître est le Cochon, et le Serviteur est le Chat ;
6. Pour le Serpent, le Maître est la Chèvre, et le Serviteur est le Singe ;
7. Pour le Cheval, le Maître est le Rat, et le Serviteur est le Cochon ;
8. Pour la Chèvre, le Maître est le Tigre, et le Serviteur est le Serpent ;
9. Pour le Singe, le Maître est le Serpent, et le Serviteur est le Rat ;
10. Pour le Coq, le Maître est le Chat, et le Serviteur est le Chien ;
11. Pour le Chien, le Maître est le Coq, et le Serviteur est le Bœuf ;
12. Pour le Cochon, le Maître est le Cheval, et le Serviteur est le Dragon.
Voilà donc 24 unions dont la vie ne se conforme pas à la nature des signes ni, par conséquent, à leur façon de penser. Leur développement est influencé par des structures mystiques, ignorant la volonté et les désirs des individus eux-mêmes. On peut caractériser approximativement les relations au sein d’une telle bague. Cependant, il est impossible de garantir que des unions identiques dans d’autres paires évolueront et vivront selon le même scénario : il est très probable qu’elles suivront leur propre voie, originale.
Toute autre union aura du mal à endurer la gamme d’émotions propre au mariage au sein de la bague vectorielle, faite des plus hauts sommets émotionnels et des nerfs à vif. La stabilité, la mesure et le calme sont étrangers à une telle union, et surtout, il est impossible d’y introduire ces qualités. Une fois plongés dans cette relation, les partenaires se jettent dans un abîme de sensualité et de sentiments, perdant la raison — la bague les attire avec une force croissante, comme un bourbier. Le couple peut envisager une rupture, mais le temps passé ensemble restera dans leur mémoire comme une blessure ouverte, une source de souvenirs et de sentiments ambivalents.
Il est tout à fait possible que, dans un tel mariage, la rudesse du Maître se mêle à l’adoration et au pardon inconditionnel du Serviteur. On observe souvent des cas où le couple ne peut vivre ensemble, mais où la vie séparément leur est insupportable. Ils ressemblent à deux aimants : tantôt ils s’attirent, tantôt, sous l’effet de passions intenses, ils se repoussent violemment l’un l’autre.
Il existe un « salut » pour ces unions : les époux doivent être d’âges très différents (avec un grand écart), ou bien la Servante-femme doit savoir s’adapter aux circonstances et supporter la tension des passions. Tant que le Maître n’a pas décidé de lâcher prise, le Serviteur ne peut partir de son propre chef. S’il s’en va sans permission, il est tout à fait possible que le Serviteur s’élève soudainement, tout en conservant (ce qui est également très probable) une dépendance intérieure envers son ancien Maître. Par conséquent, si vous formez une paire de la bague vectorielle avec un partenaire potentiel, avant de vous engager dans cette relation, demandez-vous si vous avez la force de sauter dans le vide sans savoir si un parachute se trouve dans votre dos.
Pour conclure, voici les vers évoquant une union vectorielle : ceux de Valéri Brioussov (Coq) et Nina Lioubimova (Chat).
Le Serviteur Brioussov s’adressa à son Maître :
L’amour mène à une seule issue, –
Vous qui aimez, croyez !
À travers douleur et joie, lumière et ténèbres,
Vers une mort à la fois bienheureuse et terrifiante !
Comparer l’amour à la mort… il y a de quoi méditer…



