Олександр Колесніков
МІДПОЙНТИ, ou Le goût inoubliable du trou dans le beignet
Les milieux, aussi appelés points médians ou points moyens, font partie des méthodes que la plupart des astrologues connaissent, ou du moins ont entendues parler. Cependant, l’attitude envers cette méthode au sein du milieu astrologique est loin d’être unanime. Les amateurs d’exotisme, qui croient que la profondeur de leur compréhension de l’astrologie est directement proportionnelle au nombre de méthodes étudiées, éprouvent même une certaine chaleur pour les milieux. Pourtant, à mon avis, celui qui se surcharge de choses qu’il ne sait pas utiliser gaspille inutilement son énergie. Je me range plutôt du côté des astrologues qui penchent pour le classicisme, et qui, au mieux, pourraient déclarer que « les milieux cherchent ceux qui ne savent pas travailler avec les planètes ». Un milieu est une sorte de point fictif où, le plus souvent, il ne se passe rien. C’est la moitié du chemin entre deux planètes, comme le trou dans un beignet — à quoi bon ? Et pourtant, convenez-en, il n’y a pas de beignet sans trou.
Il y a quelques années, je donnais des cours d’astrologie dans un petit groupe moscovite. Par un heureux hasard, un créneau horaire s’est libéré, que j’ai pu utiliser à ma guise. L’envie m’est venue de diversifier l’expérience — la mienne et celle du groupe — avec une approche peu connue. En fouillant dans mes copies, j’ai déterré un épais ouvrage de l’Américain Michael Munkasey, *MIDPOINTS: Unleashing the Power of the Planets*, ou *MIDPOINTS : Libérer l’énergie des planètes*. Il faut dire qu’à l’époque, je croyais encore à la haute valeur de chaque livre astrologique, même américain. Frappé par l’épaisseur de l’ouvrage, je me suis lancé dans sa lecture avec une certaine ferveur, espérant « décrocher » de la vie au moins pour la semaine à venir. Mais très vite, après avoir lu une quarantaine de pages, j’ai compris que je n’y apprendrais rien de nouveau, même avec mes connaissances limitées sur les milieux. Le début du livre était consacré à la discussion de l’ordre de calcul des milieux, ainsi qu’à la publicité pour des entreprises capables d’effectuer ce travail à votre place. Puis, dans ce gros volume, on ne trouvait principalement que des mots-clés pour les combinaisons de deux planètes ou points du thème. Bref, l’ouvrage que je tenais entre les mains appartenait à la catégorie des « cook-books », ou « livres de recettes toutes faites », très répandus dans la littérature astrologique, mais qui, à mon sens, ont une valeur très limitée. Le principal défaut des « recettes toutes faites » est qu’elles ne tiennent pas compte — et ne peuvent pas tenir compte — de la configuration unique et spécifique de chaque thème, notamment cet élément d’interprétation que Morin de Villefranche appelait la détermination locale. L’essence de la détermination locale est brièvement la suivante. Une planète dans un thème a un double sens. D’une part, elle possède une signification universelle liée à sa nature (ce qu’on appelle la détermination générale). Par exemple, Vénus représente naturellement l’amour, la beauté, les valeurs, les relations de partenariat, etc. D’autre part, chaque planète dans ce thème précis est liée d’une manière ou d’une autre au système des maisons : elle se trouve dans une certaine maison et en gouverne d’autres. C’est précisément ce lien de la planète avec les maisons du thème qui définit sa détermination locale. Et comme les maisons du thème déterminent l’expression externe des facteurs astrologiques, leur orientation vers telle ou telle sphère de la vie, la détermination locale d’une planète prend dans l’interprétation une importance plus grande que sa détermination générale. Pour éviter de fatiguer le lecteur avec des termes complexes, je vais illustrer cela par un exemple. La même Vénus, située dans la 10e maison du thème, symbolisera avant tout et de manière évidente la carrière du natif, ses supérieurs hiérarchiques, sa position dans la société et les autres affaires de la 10e maison. Bien sûr, elles seront nécessairement teintées par Vénus : par exemple, les relations avec les supérieurs seront harmonieuses. Cependant, dans une prédiction, il ne faut pas oublier que les aspects formés par Vénus ou avec Vénus se manifesteront d’abord et avant tout dans les affaires de la 10e maison. Et ce n’est qu’en second plan que résonnera (peut-être) le sens universel de Vénus : l’amour, les relations, etc. Or, dans les livres qui donnent des significations toutes faites des aspects ou des milieux, bien sûr, la position concrète des planètes dans le thème n’est pas prise en compte, et toutes les interprétations sont données à partir de leur signification universelle. Par conséquent, le sens de telles interprétations, aussi talentueuses soient-elles, reste toujours secondaire. C’est pourquoi Munkasey écrit que, lors de l’interprétation des milieux, il est impératif de prendre en compte la position des planètes qui les forment, ainsi que celle des milieux eux-mêmes, dans les maisons du thème. Mais il ne fait que l’écrire, sans donner un seul exemple de la manière de procéder, et le livre est rempli de combinaisons peu utiles de significations générales. Ainsi, ce livre ne m’a pas apporté grand-chose, et j’ai dû me préparer pour le cours en comptant uniquement sur moi-même.
Je souhaite maintenant raconter ce qui en est résulté.
Pour les lecteurs qui ne connaissent pas du tout les milieux, il faut d’abord dire quelques mots sur leur définition. L’idée est très simple : il s’agit de trouver les coordonnées d’un point situé au milieu entre deux planètes. Par exemple, la position de Mercure dans le thème est à 16° 38’ Poissons, et celle d’Uranus à 21° 59’ Lion. Trouvons leur point moyen, ou milieu. D’abord, il faut convertir la position des planètes en longitude absolue, c’est-à-dire déterminer leur position sur l’écliptique sans tenir compte des signes du zodiaque.
16° 38’ Poissons = 11 × 30° + 16° 38’ = 346° 38’
21° 59’ Lion = 4 × 30° + 21° 59’ = 141° 59’
Ensuite, comme toujours pour trouver une valeur moyenne, on additionne les positions des planètes :
346° 38’ + 141° 59’ = 488° 37’
488° 37’ : 2 = 244° 19’
Il n’est pas difficile de déterminer que la valeur absolue de la longitude 244° 19’ correspond au point 4° 19’ Sagittaire.
Les planètes sont situées sur un cercle, et on peut « aller » d’une planète à l’autre soit par le grand arc, soit par le petit. Et on peut diviser en deux l’une ou l’autre de ces distances. Ainsi, pour deux planètes quelconques, on obtient toujours une paire de milieux opposés. Dans notre cas, le milieu de Mercure et d’Uranus se trouve à 4° 19’ Sagittaire et à 4° 19’ Gémeaux. Habituellement, on considère comme principal le point situé sur le petit arc, ici 4° 19’ Gémeaux, mais en réalité, ils sont inséparables, car si un aspect se forme avec l’un de ces points, un aspect complémentaire à 180 degrés se formera également avec l’autre point. Les milieux sont désignés par les symboles des planètes qui les forment, séparés par une barre oblique. Dans le texte, il est plus pratique d’utiliser les premières lettres des noms des planètes, et notre milieu sera donc noté Me/Ur.
Si vous vous mettez à déterminer les milieux, il faut les trouver pour tous les points importants du thème, ce qui représente un travail assez volumineux. Par exemple, si vous utilisez 10 planètes, la Lune Noire, l’Ascendant et le Milieu du Ciel, le nombre de paires de points atteindra 78. Ce n’est pas pour rien que l’auteur américain faisait la publicité des services astrologiques informatiques. Cependant, presque tous les logiciels astrologiques disponibles sur le marché calculent les milieux, et si vous n’en possédez pas, peut-être en a-t-il un de disponible chez un ami. Et au pire des cas, il n’y a aucune difficulté dans ces calculs, il suffit d’avoir de la patience et de l’intérêt.
Cependant, le calcul des milieux, comme tout calcul astrologique, n’est même pas la moitié du travail. L’interprétation est tout aussi importante. Mais peut-on interpréter 78 paires de points ? Bien sûr que non, et il n’est pas nécessaire de le faire. Tous les milieux n’ont pas la même importance dans un thème. Pour en distinguer les plus significatifs, il faut passer par une étape que l’on peut appeler le « pesage » ou le « tamisage » des milieux. Il existe plusieurs critères qui donnent aux milieux un poids supplémentaire :
1. La conjonction du milieu avec une planète ou un autre point important du thème. Par « points importants », on entend les cuspides des maisons angulaires, les Nœuds lunaires, ainsi que d’autres facteurs selon vos goûts et vos préférences. Il n’est pas inutile, par exemple, d’utiliser Chiron, la Lune Noire et la Lune Blanche, mais à condition que vous compreniez bien le sens de ces facteurs et que vous ne vous contentiez pas d’interprétations toutes faites. Certains voudront prendre en compte le Vertex ou le Point Est, les Parts arabes et autres. Il ne faut pas oublier non plus les étoiles fixes, en particulier celles aussi importantes que Régulus, Sirius, Spica, Algol et quelques autres.En revanche, il ne faut pas oublier les différences de signification des facteurs du thème natal, ce qui sera abordé plus loin. Comme partout dans le travail avec les midpoints, il est peu probable qu’il faille utiliser un orbis supérieur à 1 degré. 2. La conjonction de plusieurs midpoints, surtout s’ils tombent tous au même degré du zodiaque. 3. Il faut tenir compte du fait que les planètes et les points du thème ont des degrés d’importance variables. Disons que le Soleil joue un rôle plus important dans l’interprétation de tout thème que Pluton, la Lune Noire ou, à plus forte raison, Chiron. En même temps, si Pluton est exactement en conjonction avec l’Ascendant, il est bien plus significatif pour comprendre la personnalité que s’il est situé ailleurs. Il est difficile de donner des conseils universels, mais je vous proposerai une répartition indicative des facteurs du thème par niveau de poids. Ainsi, un midpoint formé par des facteurs de la plus haute importance « pèsera » bien plus qu’un midpoint formé par des facteurs de troisième ordre.
a) Facteurs de la plus haute importance : les luminaires (Soleil et Lune), l’Ascendant, le Milieu du Ciel, le Maître de l’Ascendant.
b) Facteurs importants : les planètes personnelles (Mercure, Vénus, Mars). Les facteurs en conjonction avec l’Ascendant et le Milieu du Ciel. Le Descendant et le Fond du Ciel. Les Nœuds lunaires. Peut-être le Vertex et le Point Est. Le Maître du Milieu du Ciel.
c) Facteurs de moyenne importance : les planètes sociales (Jupiter et Saturne). Peut-être Chiron.
d) Facteurs de moindre importance : les planètes supérieures (Uranus, Neptune, Pluton). Les étoiles. Le Sort, divers points fictifs (Lune Noire, planètes transneptuniennes). Les astéroïdes.
En revanche, cette classification est très conditionnelle et dépend du contexte de l’interprétation. Par exemple, si vous vous intéressez à l’orientation sociale d’une personne, les planètes sociales passeront dans une catégorie supérieure ; l’étude des problèmes psychologiques ou des voies de développement spirituel nécessitera une attention accrue aux planètes supérieures, etc.
Supposons que vous ayez réussi à « filtrer » les midpoints et à en dégager plusieurs configurations dignes d’intérêt. Il faut maintenant comprendre ce qu’elles signifient, ou du moins à quels processus de la vie du natif elles sont liées. En théorie, l’interprétation doit inclure les maisons où se trouve la paire de planètes formant le midpoint. Bien sûr, il faut aussi prendre en compte les significations universelles des planètes, mais c’est précisément dans le cadre des maisons où se trouvent les planètes.
Prenons Uranus et Mercure, pour lesquels nous avons calculé le midpoint ci-dessus, situés respectivement dans la 10e et la 5e maison. Tentons d’esquisser brièvement le schéma d’interprétation.
Uranus en 10e maison : instabilité et originalité de la situation sociale, de la carrière. Relations problématiques avec les supérieurs en raison d’un besoin de liberté et d’indépendance. Je donne des interprétations assez simplistes, car mon objectif est simplement de montrer le schéma de travail.
Mercure en 5e maison : pensée créative. Approche non conventionnelle. Aventurisme.
En combinant les significations des planètes, nous pouvons imaginer, par exemple, un aventurier qui cherche toujours des ennuis. Ensuite, il faudrait théoriquement prendre en compte la maison où tombe le midpoint, ou plus précisément la paire de maisons où tombe la paire de midpoints. Dans ce cas, il s’agit des axes 2e-8e maisons, d’où nous pourrions conclure que les qualités aventureuses du sujet étudié s’expriment soit dans le domaine financier, soit en lien avec certaines ressources — personnelles ou collectives.
En revanche, les interprétations peuvent être très variées, et je ne prétends pas m’y attarder. Ce qu’il faut absolument dire, c’est que, dans mon expérience, une maison où tombe un midpoint n’est significative que si ce midpoint est en conjonction avec une planète. Si cette condition n’est pas remplie, lorsque le midpoint « s’active », ce sont principalement les maisons où se trouve la paire de planètes formant le midpoint qui résonnent. Par exemple, dans notre cas, le natif a des maisons 2e et 8e vides, et comme vous le verrez plus tard, ces maisons sont peu ressenties dans les événements survenus.
Je reviens maintenant au cours sur les midpoints que j’ai décidé de préparer pour mon public. L’orientation générale du cours m’a permis de développer assez facilement la théorie sous la forme que je vous ai exposée. Cependant, en astrologie, la théorie est impensable sans la pratique, et il fallait trouver un exemple concret de travail avec les midpoints. Le plus logique aurait été d’étudier l’activation d’un midpoint dans le thème d’une personne et de comparer les événements survenus avec l’interprétation théorique. Mais quel exemple choisir ? Il est courant d’étudier la vie de célébrités, mais en réalité, nous savons très peu de choses sur elles, surtout si ce qui nous intéresse n’est pas leur image, mais des informations véridiques.
Bref, j’ai décidé d’utiliser mon propre thème comme exemple — qui mieux que moi pour me souvenir de tous les détails des événements ? J’ai commencé à étudier les transits de mes midpoints. J’en ai choisi un qui m’intéressait particulièrement et j’ai plongé dans mes souvenirs. Les résultats m’ont tellement impressionné que, même plusieurs années plus tard, j’aimerais les partager.
En fouillant dans mon thème à la recherche de midpoints, j’ai identifié, entre autres, la configuration suivante. Le midpoint de Mercure et d’Uranus se trouve à 4°19 des Gémeaux (vous avez déjà compris que je faisais référence à mon propre thème). À 4°58 des Gémeaux se trouve le midpoint Vénus/Mars. Et à 4°33 des Gémeaux, le midpoint des Nœuds lunaires. Non loin de là, bien que strictement parlant non en conjonction, se trouve le Vertex (3°13 Gémeaux). Je n’interpréterai pas le Vertex dans le cadre de cet article, je me contenterai de dire que la proximité du Vertex donne encore plus de poids à l’accumulation de midpoints.
J’ai décidé de concentrer mon étude sur cette configuration. Le midpoint lui-même tombe en 8e maison. Uranus est en 10e maison en Lion, Mercure en 5e maison en Poissons. Mars est en 9e maison en Cancer, Vénus rétrograde est pratiquement en conjonction avec le Descendant (à 2,5 degrés) en 6e maison en Bélier. Le Nœud Nord est sur le cuspide de la 11e maison en Vierge, le Nœud Sud, naturellement, sur le cuspide de la 5e maison en Poissons. Système de maisons topocentrique.
Les midpoints « s’activent » ou commencent à se manifester clairement dans la vie d’une personne principalement lorsque des planètes ou des cuspides angulaires les traversent par transit, progression, direction, etc. En principe, les aspects aux midpoints sont considérés comme significatifs, mais, à mon avis, les conjonctions sont bien plus importantes que tout aspect.
J’ai ouvert les éphémérides et commencé à chercher un transit intéressant sur la configuration qui m’intéressait. Mon attention a été attirée par Uranus, qui en janvier 1982 est entré dans l’orbis de conjonction avec mes midpoints en Sagittaire (il a été question plus haut de l’équivalence de la paire de midpoints opposés). Ce fut en effet une période très intéressante de ma vie. Grâce à une étrange ironie du sort, j’étais alors en dernière année avant la fin d’une école militaire de fusées (peut-être certains lecteurs commencent-ils déjà à percevoir le symbolisme des planètes formant les midpoints).
Les études étaient les études, mais l’époque était romantique (Vénus/Mars ; outre leur signification naturelle, Vénus est sur le Descendant, et Mars est le maître de la 7e maison). Ma petite amie travaillait dans un hôpital militaire et était sergent (Vénus en Bélier en 6e maison, Mars dans le signe attentionné du Cancer, maître notamment de la 6e maison). En signe solaire, elle était Cancer (encore Mars en Cancer, bien sûr). Vous comprenez vous-mêmes que je n’étais pas vraiment concentré sur mes études à l’époque. Mais les examens approchaient, et il fallait rendre des travaux pratiques. L’un des examens (Mercure en 5e maison) de la session était particulièrement terrible. Il portait sur les systèmes de communication secrète (Mercure en Poissons) des complexes de missiles (Uranus). Le fait qu’Uranus soit en Lion (en exil) est également intéressant, car le complexe de missiles sur lequel nous étions formés était une arme assez inefficace, servant principalement de moyen de dissuasion politique (Lion, 10e maison).
Pour cet examen, il fallait connaître d’énormes schémas, grands comme un mur, et le groupe d’études tremblait de peur. Quant à moi, je ne m’inquiétais pas particulièrement, car j’aimais les examens, les passais parmi les premiers et presque toujours sans problème. Un jour, j’étais assis dans ma chambre d’étudiant et je réfléchissais à tout, sauf aux travaux pratiques non rendus.Mon ami (Mercure) passe me voir et me propose d’aller les rendre. Je lui réponds que je ne les ai pas encore faits et qu’il n’y a rien à rendre. Mais il s’avère que personne n’a rien à rendre, alors que, juste avant la session, les professeurs, perdant toute vigilance, laissent la possibilité de rendre un travail pratique en glissant une feuille blanche, remplie seulement sur la couverture. Aujourd’hui, je sais déjà que les aventures liées à la tromperie (Mercure en 5e maison en Poissons) me sont strictement interdites et toujours punies. Mais à l’époque, je n’avais pas encore appris cette leçon. J’ai agi comme mon ami me l’avait conseillé et j’ai trompé le professeur, malgré le respect que je lui portais. Peu après, le chef de département (Uranus en 10e maison) décide de vérifier lui-même les travaux rendus. C’était un grand chef, et il n’a pas tout contrôlé. Il en a pris un au hasard. Vous l’avez deviné : c’était le mien. Le scandale fut retentissant. Pour la première fois de ma vie, on m’a interdit de passer l’examen, avec la possibilité de le repasser pendant les vacances d’hiver, en même temps que les cancres. Et le groupe d’études, déjà terrorisé, s’est vu menacé de subir des questions plus strictes. Résultat : le groupe — cette « société » dans laquelle je vivais — m’a déclaré le boycott (Uranus en 10e) et a refusé de me parler (Mercure en signe muet des Poissons). À ce moment-là, Uranus transitait exactement sur le mi-point Mercure/Uranus, et le thème Vénus/Mars s’est temporairement effacé (bien que Mars soit en 9e maison d’enseignement supérieur et ait aussi un lien avec l’affaire).
La suite des événements fut également très intéressante. Je ne soulignerai pas les manifestations les plus évidentes du symbolisme planétaire, essayez de les repérer vous-mêmes. Pour la première fois, je ne suis pas parti en vacances avec tout le monde, mais on ne me laissait toujours pas passer l’examen, me forçant à « me préparer », c’est-à-dire, surtout, à gaspiller mon temps en vain. Ils ne savaient pas que j’avais Uranus en 10e maison. J’écris un rapport : je demande à être exclu pour échec (en réalité, c’était totalement irréaliste), je le laisse sur le bureau du responsable de cours, puis, après avoir escaladé la haute clôture, je rentre chez moi — sans papiers de congé. Cependant, je n’ai pas eu le temps de bien me reposer. Le responsable de cours téléphone à mon père et lui garantit que je pourrai passer l’examen. Je retourne à l’école, et à Moscou, en gare, je tombe sur une patrouille. On me demande de présenter mes papiers de congé. Désespéré, je tends au chef de la patrouille mon certificat de libération permanent, qui n’est pas valable à Moscou. Il l’examine attentivement et, avec plaisir, me le rend. C’est incroyable, mais je suis libre et je peux continuer mon chemin. Finalement, j’ai obtenu mon « cinq », et la première partie de l’histoire s’est terminée là. Uranus avait traversé le mi-point Me/Uranus et s’approchait de Ve/Ma (j’espère que vous avez compris les abréviations).
Un ami m’invite comme témoin à son mariage. Il est intéressant de se rappeler, à propos du rôle de témoin, ce que Jacob Schwartz disait autrefois à propos des maîtres de Vénus rétrograde : selon lui, ils devancent tous leurs amis, mais rencontrent eux-mêmes des difficultés pour se marier. Donc, moi, je suis témoin. Et sur tout témoin, il y a un autre témoin. Elle venait de loin (Mars, maître de l’Ascendant, en 9e maison) et son Soleil est en Cancer (Mars en Cancer). Uranus s’approchait de Ve/Ma, une sympathie soudainement née allait bientôt se transformer en quelque chose de plus… Le mariage eut lieu le 7 mars, et le 9 mars, Uranus devient rétrograde, sans avoir terminé sa conjonction avec Ve/Ma, et le témoin repart pour Kiev. Je ne l’ai plus jamais revue. Mais la conjonction d’Uranus avec le mi-point des Nœuds lunaires s’est produite, le cours de ma vie a changé de manière significative, et je n’étais plus le même qu’avant. Plus tard, Uranus est redevenu direct et, le 28 novembre, a traversé Ve/Ma. Il est intéressant de noter que peu avant, le 4 novembre, je me suis marié. Ma femme avait été témoin au mariage d’un autre de mes amis, qui avait eu lieu en août, lorsque Uranus était direct, et j’avais été témoin à ce mariage. Le mariage où nous nous sommes rencontrés a eu lieu à Togliatti, assez loin de mon lieu de résidence (Mars en 9e maison, maître de l’Ascendant), et mon épouse est Scorpion (signe martien aquatique — n’est-ce pas que cela ressemble à Mars en Cancer ?).
Entre notre rencontre et notre mariage, il s’est écoulé deux mois et demi, dont nous avons réellement passé trois semaines ensemble. Et que voulez-vous attendre d’Uranus ?
[Ajout ultérieur : En réalité, dans l’histoire du mariage, l’écho de l’affaire de l’examen s’est fait entendre. Lorsque je me suis préparé à aller déposer ma demande à l’état civil, nous avons organisé, comme c’était la coutume dans notre groupe d’études, une fête — un « enterrement de vie de garçon » (je n’ai pas la possibilité d’indiquer partout le symbolisme planétaire : le texte en est simplement rempli). Tard dans la soirée, dans un état d’excitation, nous n’avons rien trouvé de mieux que de quitter le dortoir et de défiler en chantant dans l’enceinte de l’école. Pour des étudiants de première année, une telle activité aurait été naturelle (on suppose que chanter en groupe est normal), mais pour une classe de fin d’études, c’était un acte absolument impensable et extravagant. Bien sûr, caché dans l’ombre, derrière les arbres, par un hasard incroyable, le responsable de cours observait notre défilé. Aussitôt, l’ordre fut donné au groupe : « Ne laissez pas Kolesnikov partir » (alors que j’étais censé partir le lendemain matin). Résultat : une nouvelle escalade de la haute clôture et un voyage à Togliatti sans papiers de congé. Quand on étudie le symbolisme des événements passés, on en vient parfois à frissonner.]
Faisons le bilan. Les événements de ma vie qui, dans le temps, ont coïncidé avec le passage d’Uranus sur les mi-points Me/Uranus et Ve/Mars, correspondent clairement au symbolisme, non seulement d’Uranus lui-même, mais aussi des autres planètes formant ces mi-points, et pas seulement au symbolisme, mais aussi à la détermination locale de ces planètes. De plus, le mouvement d’Uranus reflète clairement les étapes principales du développement des événements. Pourtant, le transit d’Uranus n’a pas formé d’aspects aux Mercure, Vénus et Mars natals. L’ampleur des changements dans ma vie est telle qu’on peut l’attribuer précisément à l’expression de cette planète lointaine. Bref, pour moi, les mi-points ont très bien fonctionné, et plus tard, j’ai maintes fois pu constater leur efficacité dans l’analyse du thème. Parfois, les mi-points révèlent ce qui n’est pas visible dans la configuration des facteurs traditionnels. Par exemple, il y a eu ce cas. Mon chien préféré devait mettre bas, et j’ai joué le rôle de sage-femme. Pour diverses raisons, la mise bas fut très difficile, et la vie des chiots comme celle de la chienne elle-même fut en danger. Quand tout se termina heureusement, je consultai les éphémérides. La veille avait été incroyablement tendue, mais la situation transitée s’avéra totalement insignifiante. Pourtant, ce jour-là, le 1er août 1992, Mars, selon les éphémérides, était passé de 3°32’ à 4°12’ des Gémeaux, en 8e maison de mon thème natal. À la symbolique des mi-points situés ici, déjà évoquée plus haut, on peut ajouter que Mars gouverne dans mon thème la 6e maison des animaux domestiques, et que Vénus se trouve dans cette maison. Cela ne vous rappelle-t-il pas le lien entre Mars, Vénus et la 6e maison du chien préféré ?
Donc, à mon avis, les mi-points fonctionnent, et parfois même de manière remarquable. Puis-je affirmer que c’est la seule et unique approche pour interpréter un thème ? Bien sûr que non. Il existe une multitude de méthodes, et chacune a sa valeur. La réalité astrologique que nous étudions est si diverse qu’il est impossible de prédire à l’avance quelle méthode ou quel groupe de méthodes se révélera le plus efficace. C’est pourquoi je préfère simplement avoir la méthode des mi-points dans mon arsenal, sans l’absolutiser, mais sans non plus minimiser sa valeur. À mon sens, le système des mi-points dans un thème ressemble à des aspects, mais implicites, car il crée des liens entre des facteurs qui, autrement, pourraient ne pas être reliés. L’analyse des mi-points est donc importante lorsqu’il y a dans le thème des planètes non aspectées ou faiblement aspectées, car ce sont justement les mi-points qui indiqueront comment éviter la stagnation de l’énergie dans le domaine de la planète non aspectée et les problèmes qui y sont liés. Parmi ces liens implicites entre planètes, on peut aussi inclure les parallèles, les antiscia et les receptions. Un autre domaine d’application des mi-points est la synastrie. Parfois, les méthodes classiques ne permettent pas de comprendre un lien fort entre deux personnes. Mais en déterminant les regroupements de mi-points les plus importants, vous remarquerez soudain que l’Ascendant d’un partenaire tombe dans un dense amas de mi-points essentiels de l’autre partenaire.Les maisons vides du thème natal peuvent s’avérer bien plus significatives dans la prédiction si elles contiennent des midpoints importants. Et d’ailleurs, lorsque vous ressentez que les méthodes traditionnelles ne suffisent pas à comprendre un problème, pourquoi ne pas essayer la méthode des midpoints ? La pratique montre qu’elle donne d’excellents résultats. Олександр Колесніков



