Tableau 38 Nombre de morts subites par année sur la période 1904-1924. (d’après Kindlimann)
1904 328
1909 346
1913 336
1917 360
1921 379
1905 331
1910 311
1914 345
1918 406
1929 14
1915 304
1919 376
1923 335
1907 519
1912 356
1916 385
1920 378
1924 404
1908 336
Tableau J9 Angleterre (d’après Morrell, 192)
Meurtres
Janvier 290 309 326 295
Janvier 197 230 180 204
Janvier 25 21 26 20
Février 258 271 307 282
Février 186 218 176 203
2 319 345 319
Mars 210 236 194 259
Mars 19 15 16 17
Avril 348 327 376 316
Avril 205 226 186 206
Avril 29 17 26 23
Mai 33 233 212 182
Mai 20 14 18 13
Juin 361 342 394 326
Juin 184 176 183 181
Juin 26 16 25 20
Juillet 356 338 391 12
Juillet 24 19 15 16
Août 299 317 316 312
Août 170 142 145 173
Août 13 13 17 19
Septembre 317 296 263 322
Septembre 1 14 24 18
25
Octobre 297 316 307 272
Octobre 162 154 148 170
Octobre 17 15 21 14
Novembre
Décembre 169 309 292 267
Novembre 1 20 19 15
20 290 340 276 291
Décembre 200 194 209 181
Décembre 19 18 16 20
L’activité minimale de la mortalité annuelle précède les maxima solaires. Lors du traitement de l’ensemble des données concernant Saint-Pétersbourg pour la période de 1765 à 1924 (tableau 36), le maximum de mortalité a été reporté à la troisième année suivant les maxima solaires. En examinant toutes ces courbes ensemble, on constate qu’elles forment un parallélisme assez marqué. Si nous avions relié les sommets de chacune de ces courbes par une ligne courbe, le parallélisme apparaîtrait encore plus complet et coïnciderait en même temps avec la courbe moyenne de l’activité solaire, avec un décalage de deux ans vers la droite. Cependant, le phénomène le plus remarquable dans les courbes citées est le parallélisme qu’elles présentent dans les intervalles entre l’axe des maxima et les minima suivants. Sur notre graphique, les montées et les chutes des courbes sont reliées par des pointillés, qui coïncident exactement entre elles. Ces phénomènes s’observent dans trois cas sur quatre dans la courbe moyenne de la mortalité générale pour le gouvernement de Simbirsk, aujourd’hui Oulianovsk, pour la période 1844-1921, dont le maximum se situe un an avant le maximum solaire (tableau 37). Ces coïncidences attirent invariablement l’attention et nécessitent une explication. La méthode même de construction de ces courbes montre qu’elles ne pouvaient révéler que des phénomènes qui ne se produisent pas sous l’effet de causes aléatoires, mais qui ont toujours lieu en présence de conditions strictement déterminées, sous l’influence d’une force de tension bien précise du processus de formation des taches.
Si la répartition dans le temps de la mortalité générale, la répartition dans le temps des maladies en fonction du cycle solaire était une question de hasard et ne dépendait en aucune manière de ce cycle, nos courbes tendraient vers une ligne droite grâce à l’élimination des fluctuations aléatoires lors de la superposition d’une période sur l’autre. Mais nous observons exactement le phénomène inverse : les fluctuations des courbes moyennes forment des cassures marquées qui tendent à être parallèles entre elles, malgré les différentes localités et les différentes époques, et le seul facteur qui généralise ce phénomène est le processus périodique de formation des taches sur le Soleil.
Il reste à déterminer quelles maladies, liées à un degré ou à un autre d’intensité du processus de formation des taches, influencent les montées synchrones des courbes moyennes de mortalité. Comme nous l’avons vu, ces montées se produisent : les plus importantes – deux ans après les maxima, puis la cinquième année après les maxima, et enfin, elles ont lieu 1 à 2 ans avant les maxima. Nous ne résoudrons pas cette question dans ce travail : elle nécessite une étude très détaillée et pourrait nous éloigner du sujet principal concernant le caractère général des phénomènes découverts. Nous nous limiterons simplement à indiquer le fait que l’origine du maximum le plus élevé des courbes moyennes de mortalité générale deux ans après les maxima solaires s’explique bien par le fait que les vagues de nombreuses épidémies liées à la période solaire atteignent leurs valeurs maximales 1 à 2 ans après l’année de maximum de l’activité solaire.
La courbe de mortalité de Saint-Pétersbourg présente deux maxima – aux points -3 et +3, ce qui semble être le résultat d’une mortalité prédominante due à la grippe. On pourrait croire que « la mort et le Soleil ne peuvent se regarder fixement l’un l’autre ». Cependant, cela est faux : il existe des jours où, pour une personne malade, le Soleil devient une source de mort. En ces jours-là, d’agent de vie, il se transforme en ennemi mortel, dont l’influence mortelle atteint l’homme partout où il se trouve. Il est impossible de fuir ou d’échapper au Soleil. Seule la science, capable de prévoir à l’avance les phénomènes, peut signaler le danger menaçant, et c’est au médecin d’utiliser les moyens de la médecine pour que l’organisme malade puisse supporter cette lutte inégale contre les phénomènes dérivés résultant du rayonnement spécifique du Soleil.
Par analogie avec les phénomènes physiques, nous pouvons considérer l’organisme malade comme un système en équilibre instable. Nous savons que si un système en équilibre reçoit une légère impulsion, ou si de petites oscillations amorties commencent, le déséquilibre peut soit augmenter indéfiniment jusqu’à ce que tout le système soit complètement modifié. Le premier état du système sera stable, le second instable. Nous rencontrons constamment des états similaires de différents systèmes physiques dans les phénomènes de la nature, depuis les systèmes astronomiques jusqu’aux atomes. Pour les phénomènes de la vie organique, il n’y a pas non plus d’exception absolue aux règles générales de la nature, et nous avons le droit de considérer l’organisme malade comme un système, dans une certaine mesure, sorti de son état d’équilibre stable. Pour un tel système, une légère impulsion extérieure suffit pour que l’instabilité augmente progressivement, voire immédiatement, et que l’organisme meure. Une telle impulsion, dirigée vers l’organisme de l’extérieur, peut être des changements brusques dans le déroulement des facteurs météorologiques et géophysiques, parmi lesquels il ne faut pas négliger, comme cela a été fait jusqu’à présent, les éléments électriques et magnétiques.
Le fait que les éruptions et les explosions à la surface du Soleil agissent sur le système nerveux des humains a été établi pour la première fois de manière irréfutable entre 1915 et 1919, sur la base de l’étude de vastes matériaux statistiques. Cette même idée a reçu confirmation dans ma thèse de doctorat « Recherche sur la périodicité du processus historique universel » (Moscou, 1918 ; Stockholm, 1920) et dans de nombreux travaux ultérieurs, parmi lesquels je souhaite citer :
1. « Influence des activités solaires diurnes et mensuelles sur les modifications de l’excitation nerveuse » (Paris, 1928 ; Toulon, 1929) ;
2. « Théorie de l’héliotaraxie » (Moscou, 1930) ;
3. « Facteur contribuant à l’apparition et à la propagation de l’excitabilité sous l’influence des perturbations dans le milieu physico-chimique externe » (« Revue médico-russe-allemande ». Berlin, 1928, n° 3 et 8).
Dans ces travaux, qui couvrent des centaines de phénomènes et des millions d’unités statistiques, il a été démontré que les perturbations du champ magnétique terrestre, causées par les corpuscules solaires, agissent sur l’excitabilité humaine et provoquent tous les phénomènes qui y sont liés dans le système nerveux. Ces perturbations peuvent ne pas se refléter uniquement sur la psyché, mais aussi sur l’état de santé. Une raison suffisante est le bombardement de la Terre par des électrons solaires, qui perturbent les forces électriques et magnétiques de l’atmosphère et de la croûte terrestre, produisant les effets physiques les plus divers. À l’époque, il nous semblait a priori évident que l’influence de ces perturbations dans le champ électrique et magnétique terrestre devait être particulièrement ressentie par les personnes âgées, les malades mentaux et nerveux, les personnes souffrant de divers types de maladies cardiaques, et enfin, les individus atteints de maladies infectieuses graves. Et en effet, entre 1915 et 1919, nous avons souvent entendu et lu parler d’une série de cas de mort subite, et précisément les jours où des tempêtes magnétiques balayaient la Terre et où des aurores boréales brillaient haut dans le ciel. Les données statistiques que nous avons recueillies, bien qu’insuffisantes pour toute conclusion définitive, confirmaient pleinement ces conclusions a priori.
À titre d’exemple de ces conclusions, on peut citer la comparaison de deux courbes : la courbe de la mortalité due aux maladies du système nerveux à Moscou, de septembre 1924 à octobre 1927, et la courbe des nombres mensuels de l’activité solaire pour la même période. Comme on peut le voir, nos deux courbes forment un parallélisme assez marqué.
Il n’y a rien d’invraisemblable à ce que les radiations du processus des taches solaires ou les facteurs géophysiques qu’elles perturbent (par exemple, l’électricité atmosphérique) influencent telle ou telle partie de notre système nerveux, voire même notre activité nerveuse supérieure, déterminant ainsi notre comportement. Cette question, soumise à une étude systématique, a reçu une réponse positive à l’issue du traitement d’un très vaste matériel statistique. L’effet des facteurs susmentionnés se réduit finalement à une modification de l’excitabilité nerveuse, à un changement du degré de réaction du système nerveux aux irritations extérieures.
Lorsque le flux d’électrons ou de protons, sous forme d’un nuage colossal, frôle la Terre ou la frappe directement, il se produit alors des perturbations instantanées et violentes dans le mouvement des champs électromagnétiques, des tempêtes magnétiques éclatent, des aurores boréales s’embrasent, la flèche des appareils électrométriques doit être temporairement arrêtée. Cependant, six ans avant le début de nos observations, Kindlimann avait déjà attiré l’attention, en 1910 à Burgdorf (Suisse), sur le phénomène de coïncidence entre les cas de mort subite et le passage des taches solaires. C’est alors qu’il effectua la première observation qui devait donner le départ à la collecte ultérieure de données. Cette observation consistait également à mettre en relation les cas de mort subite avec le passage d’un groupe de taches à travers le méridien central du Soleil. Dans sa brochure datée du 8 novembre 1925, Kindlimann fournit un récapitulatif des morts subites par année pour la période 1904-1924, pour 10 000 habitants (tableau 38). Cette table révèle que, lors des années de tension maximale dans l’activité solaire, le nombre de cas de mort subite augmente, comme par exemple en 1906 et 1907, ainsi qu’entre 1916 et 1919. Enfin, avec le premier bond de l’activité solaire en 1924, on observe également une hausse du nombre de morts inattendues.
Cependant, l’étude la plus détaillée de ce problème revient à trois chercheurs français : les médecins M. Faure, G. Sardou et l’astronome Vallot. M. Faure, encore étudiant en médecine à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, dans un quartier ouvrier densément peuplé, avait remarqué, avec ses collègues, un fait qui se répétait avec une régularité frappante : il constatait que, si des patients atteints de maladies aiguës se présentaient en consultation au début de la journée, on pouvait s’attendre à ce que ce même jour, chez d’autres patients, souffrant de douleurs intermittentes (rhumatismes, maladies du système nerveux, cardiaques, gastriques et intestinales), les crises douloureuses surviennent simultanément, indépendamment des conditions de vie de chacun. En se concentrant sur ce phénomène, le médecin français put bientôt constater que les crises de névralgie, d’angine de poitrine, de fièvre gastrique, etc., observées chez des patients très divers, coïncidaient entre elles avec une précision de deux à trois jours.
Des séries du même ordre furent également observées dans les cas d’influenza, d’angine, de bronchite, ainsi que dans un certain nombre d’accidents. Les tentatives de mettre ces séries en relation avec divers phénomènes météorologiques se révélèrent assez infructueuses. Faure et son collègue Sardou, qui s’intéressait également à la météorologie médicale, en vinrent rapidement à la conclusion que ces correspondances ne se vérifiaient que dans des cas isolés, mais en aucun cas elles ne pouvaient rendre compte du nombre considérable de coïncidences qui se produisaient simultanément sur de vastes étendues de la Terre, dans des régions éloignées les unes des autres, partout où se trouvaient des malades.
On étudia la comparaison des séries avec l’influence de la sécheresse ou de l’humidité de l’air, avec l’action du vent du nord ou du sud, la pression barométrique, la température, les décharges orageuses et d’autres phénomènes météorologiques, et toutes ces comparaisons aboutirent finalement à un résultat négatif. Elles ne pouvaient se produire simultanément dans différentes parties de la France et, par conséquent, ne fournissaient pas d’explication générale à un certain nombre de régularités. Les chercheurs français durent donc admettre l’existence d’agents naturels extérieurs qui sont perçus par notre organisme, mais ne sont pas enregistrés par les instruments météorologiques, bien moins sensibles que l’organisme vivant.
Le hasard aida les médecins français à trouver la bonne voie de recherche. Cela se produisit à Nice, où existe un système automatique de téléphones. Parfois, le réseau téléphonique se mettait soudainement à fonctionner de manière défectueuse, voire s’arrêtait complètement pendant plusieurs heures, sans qu’aucun dommage ne fût observé dans les appareils, et leur fonctionnement normal se rétablissait de lui-même, sans intervention humaine. Faure et Sardou soulignèrent à plusieurs reprises la remarquable coïncidence qui servit de base à leurs travaux, à savoir : les jours de perturbations dans le fonctionnement des appareils téléphoniques coïncidaient systématiquement avec les séries morbides, c’est-à-dire avec l’augmentation des cas de diverses crises et aggravations de maladies. On obtenait ainsi un tableau extrêmement net de troubles synchrones dans le fonctionnement des appareils électriques de télécommunication et des mécanismes physiologiques humains.
Considérant que la cause des perturbations dans le fonctionnement des appareils de communication électrique est à rechercher dans les taches solaires, plus précisément dans le passage des taches à travers le méridien central du Soleil, Faure et Sardou commencèrent à noter scrupuleusement les dates des aggravations massives des crises morbides chez leurs patients et invitèrent à collaborer le directeur de la station météorologique de Nice, Vallot. Chaque jour, on enregistrait le processus des taches solaires et l’évolution de la maladie chez un grand nombre de patients souffrant de maladies cardiaques, vasculaires, hépatiques, rénales, nerveuses, ainsi que divers symptômes de ces affections : excitation, insomnie, prostration, fatigue, rétention d’urine, miction, troubles des fonctions intestinales, digestion, mélancolie, convulsions, tics, contractures, crises épileptoïdes et hystériques, dyspnée, fièvre, vertiges, évanouissements, crises de tachycardie et d’arythmie, accès d’angine de poitrine.
Ces enregistrements furent effectués pendant 267 jours, du 7 janvier au 30 septembre 1921, sur 237 patients, et donnèrent les résultats suivants :
Nombre de périodes de 3 jours avec formation de taches et aggravation : 21 — 84 %
Nombre de périodes avec formation de taches, mais sans aggravation : 4 — 16 %
Nombre de périodes sans formation de taches, mais avec aggravation : 20 — 33 %
Nombre de périodes sans formation de taches et sans aggravation : 41 — 67 %
Nombre total de périodes sans formation de taches : 61 — 100 %
Le récapitulatif ci-dessus inclut aussi bien les cas légers que graves. Si l’on ne considère que les cas de graves aggravations au cours d’une maladie, on obtient :
Nombre de périodes avec formation de taches et cas graves : 13
Nombre total de périodes avec formation de taches : 25
Nombre de périodes sans formation de taches et cas graves : 5
Nombre total de périodes sans formation de taches : 61
Ainsi, les cas les plus graves d’aggravation des maladies coïncidaient avec le passage des taches. 84 % de toutes les aggravations tombaient sur des périodes sans formation de taches. Dans leur rapport présenté à l’Académie de médecine de Paris, les docteurs Faure, Sardou et l’astronome Vallot en vinrent à la conclusion suivante : le passage des taches à travers le méridien central du Soleil coïncide dans 84 % des cas avec l’aggravation de divers symptômes de maladies chroniques, voire avec l’apparition de cas graves. Ce genre de complications peut également survenir sans le passage des taches, mais ces coïncidences ne se produisent que dans 33 % des cas, et, de plus, les complications elles-mêmes sont moins graves.
Si le passage des taches solaires n’est pas la seule cause des inexplicables aggravations collectives des maladies, il faut reconnaître qu’il s’agit de la cause la plus importante. La question se pose alors de savoir quels appareils de l’organisme humain sont les plus sensibles à ce type d’influence extérieure. Les médecins français, par analogie avec les appareils télégraphiques et téléphoniques, estiment que les principaux effets sur notre organisme sont dus aux courants électriques et aux champs magnétiques qui parcourent de manière désordonnée la surface terrestre et l’atmosphère les jours où les taches traversent le méridien central du Soleil.
L’augmentation du nombre de morts subites et l’apparition d’aggravations brutales dans l’évolution des maladies s’expliquent, selon Faure, par l’influence des facteurs électriques émis par les taches solaires.
Ces facteurs provoquent des paroxysmes aigus dans les appareils nerveux qui régulent les processus vitaux, de la même manière qu’ils produisent de graves perturbations dans le fonctionnement du télégraphe et du téléphone. Pendant cinq ans, de 1921 à 1926, Sardou et Faure ont mené des observations et sont parvenus à la conclusion suivante :
298 « 1. Presque tous les cas de passage des taches par le méridien central du Soleil coïncident avec des exacerbations de maladies. Le nombre de cas où cette relation se manifeste est tel que :
a) parfois, les taches sont très petites et situées trop loin de l’équateur solaire pour que leur rayonnement puisse atteindre toute la Terre ;
il est possible d’observer les phases les plus diverses dans l’état de santé d’un même patient à différents moments, en tenant compte des variations possibles de sa sensibilité. Si l’on dispose d’un nombre suffisamment grand de malades, tous les passages de taches s’accompagneront, plus ou moins clairement, de détériorations plus ou moins marquées de l’état de santé.
2. Si tous les périodes de passage des taches par le méridien central du Soleil s’accompagnent probablement de cas de détérioration, tous les cas de détérioration de la maladie ne coïncident pas avec le passage des taches. Le nombre de périodes de détérioration sans formation de taches est à peu près égal à celui des périodes de détérioration avec passage de taches, et par conséquent, le passage des taches n’explique qu’une moitié des cas. Il faut cependant ajouter que, dans environ une période sur deux, les cas d’exacerbations collectives ne s’expliquent pas du tout, ni par le passage des taches ni par d’autres causes, et leur origine reste inconnue même après nos recherches.
3. Il n’y a pas de parallélisme entre l’état de santé du patient et l’intensité de l’attaque au moment du paroxysme : chez un malade, généralement très sensible, * la cause pourrait être soit des « taches solaires invisibles » (Hale), soit des taches situées sur le méridien central du Soleil ? Les pics de la triste statistique des souffrances ne montrent qu’un léger renforcement des symptômes morbides ; chez un autre, dont la santé semblait s’améliorer, survient une crise grave.
que cela conduit à la mort. 4. Pour mener des observations exactes et complètes, il est nécessaire de prendre en compte non seulement le jour du passage de la tache à travers le méridien central du Soleil, mais aussi les deux jours précédents et les deux jours suivants ce passage. L’expérience montre que les perturbations magnétiques (et notamment les aurores boréales) surviennent généralement deux jours après le passage des taches, tandis que les crises morbides se produisent souvent deux jours avant ce passage. Ainsi, pour nos calculs, il est nécessaire d’adopter une période de cinq jours.
L’archive des observations des médecins français s’est particulièrement enrichie pendant les années de maximum, lorsque les taches apparaissaient en grand nombre et de grande taille. À ces périodes, lorsque le bord de la tache atteignait le plan du méridien central, les phénomènes douloureux s’aggravaient à tel point que la vie des malades était menacée.
L’étude a pris une envergure encore plus large, et des questionnaires ont été envoyés aux médecins de diverses villes d’Europe occidentale. Les observations réalisées entre 1928 et 1937 ont pleinement confirmé la conclusion initiale concernant l’influence du passage des taches à travers le méridien central du Soleil sur l’aggravation des maladies et la mortalité. Cependant, les scientifiques français ne se sont pas contentés de ces résultats. Ils ont poursuivi leurs recherches. Et je dois rendre hommage à mon ami le Dr M. Faure, en soulignant son énergie inépuisable. C’est exclusivement grâce à son énergie et à son enthousiasme scientifique que, en 1933, il a pu organiser à Nice l’Institut international d’études des rayonnements solaires, terrestres et cosmiques, qui poursuit ses travaux dans cette direction, organise périodiquement des conférences et publie son excellent organe, *La Biologie cosmique*. Grâce à l’initiative de Faure, son institut envoie dans de nombreux pays et à de nombreuses personnes des questionnaires accompagnés de communications sur l’évolution des phénomènes solaires et des prévisions concernant les taches solaires.
Cette initiative remarquable, à mon sens profond, doit devenir le germe de ces informations que la science médicale recevra quotidiennement à l’avenir de la part des astronomes, des astrophysiciens, des géophysiciens et des météorologues.
La question de l’influence du processus des taches solaires sur l’organisme a également attiré l’attention du médecin anglais C. Morrell, qui, le 17 août 1928, lors du Congrès international de l’Institut royal de santé publique à Dublin, a présenté une communication intitulée « Sur l’influence des tempêtes solaires sur les meurtres, l’épilepsie et les suicides ».
Bien que ces phénomènes soient hétérogènes par leur nature psychopathologique, leur fréquence semble également dépendre de l’activité solaire. En effet, il existe une corrélation entre la fréquence des crises d’épilepsie (courbe supérieure) et l’électricité atmosphérique (courbe inférieure), selon G. Mahomed.
La fréquence des crises épileptiques et l’activité solaire de 1919 à 1922. La courbe rouge représente l’activité solaire, la courbe en pointillés la fréquence des crises (d’après R. A. et G. G. Mann).
Ainsi, l’activité solaire détermine davantage la tendance générale des autres courbes que leur niveau, c’est-à-dire l’ampleur de leur hausse ou de leur baisse. En même temps, rien ne permet de considérer que la coïncidence des courbes soit un phénomène aléatoire. Ainsi, le coefficient de corrélation calculé par Morrell selon la méthode de Galton a donné pour la fréquence des suicides et l’activité solaire en 1921 une valeur de +0,47, et en 1924 de +0,54.
Des recherches ultérieures ont conduit Morrell à des conclusions positives. Toutefois, il estime que nous sommes confrontés à une question extrêmement complexe : quels sont les mécanismes par lesquels les processus électriques se produisant sur le Soleil influencent les fonctions vitales de l’organisme humain ?
En soulignant la diversité des rayonnements solaires, Morrell estime que, parmi cette variété, certaines radiations particulières pourraient avoir une influence directe sur l’homme, constituant ainsi l’un des principaux facteurs déterminant la tendance générale du comportement. Bien sûr, il serait absurde de considérer ces rayonnements solaires comme responsables directs d’actes tels que les meurtres, les suicides ou de phénomènes comme les crises d’épilepsie. Cependant, il est possible que, en modifiant le tonus neuro-psychique, ils puissent incliner l’organisme humain et sa psyché, lorsqu’ils se trouvent dans un état instable, vers de tels actes.
Morrell est également convaincu que les influences solaires échappent à toute relation avec les facteurs climatiques et saisonniers, et constituent des agents cosmiques autonomes déterminant le tonus du comportement humain, et donc contrôlant les fonctions vitales essentielles.
De nouvelles recherches menées par Morrell, selon lui, montrent que la vie et nombre de ses manifestations sont fortement influencés par les agents solaires et que cette influence s’étend bien plus profondément qu’on ne pourrait le supposer. Morrell affirme que dans un avenir proche, il pourrait devenir nécessaire d’appliquer pratiquement les découvertes faites dans ce domaine à la médecine préventive, en vue de prévoir à l’avance aux sujets à psychisme instable les dangers qui les menacent. L’intérêt que nous portons au travail de Morrell est dû au seul fait qu’il aborde également la question de la mortalité. Quant au problème même du rapport entre l’activité solaire, d’une part, et les meurtres, les suicides et l’épilepsie, d’autre part, ce problème a déjà été élucidé dans notre ouvrage de 1927 « Sur le rapport entre l’activité périodique du Soleil et la criminalité » (Moscou), ainsi que dans notre travail « De l’excitation sous l’influence des perturbations dans le milieu extérieur » (Berlin), et dans les statistiques d’Ammann et de Kritsinger (fig. 101), dans l’ouvrage de Mahomed (fig. 102).
Quant au point concernant le rapport entre la fréquence des crises épileptiques et les processus solaires, il ne sera pas superflu de rappeler ici les anciennes recherches des médecins russes Sokolov et Orléanski sur le lien entre l’épilepsie et le magnétisme terrestre, puisque nombre de phénomènes dans le champ magnétique terrestre dépendent directement de l’activité du Soleil. Tous deux, indépendamment l’un de l’autre, sont parvenus à la même conclusion : la répartition des crises épileptiques dans le temps présente une analogie évidente avec les phénomènes du magnétisme terrestre. Cette analogie se manifeste dans la répartition journalière des crises et se traduit par une proportion inverse entre le nombre de crises et le degré de tension du magnétisme terrestre (fig. 103). Tous les autres éléments météorologiques donnent, dans ce sens, des résultats négatifs. Sv. Arrhenius a soumis les données numériques recueillies par Sokolov à un traitement mathématique, ce qui a révélé que la fréquence des crises épileptiques est également en rapport avec l’évolution de l’électricité atmosphérique. Bien que Sokolov, dans son ouvrage, écrive que « le rapport entre les perturbations magnétiques (orages) et le développement des crises n’existe probablement pas », son travail, ainsi que celui d’Orléanski, présente pour nous un intérêt du fait qu’ils indiquent un lien entre les crises de cette maladie aiguë du cerveau — l’épilepsie — et les oscillations du champ magnétique terrestre ou du champ électrique de l’atmosphère, dont le lien direct avec les perturbations solaires ne fait aucun doute.
Dans les travaux de Sokolov et d’Orléanski, nous n’avons affaire qu’à une période journalière. Cependant, comme nous l’avons montré dans nos travaux en 1915, par Foer, Sardou et Vallo en 1922, Morrell en 1928 et d’autres, l’ensemble des recherches de ces auteurs permet de tirer la conclusion fondamentale suivante : l’activité éruptive du Soleil, par l’intermédiaire des agents X, peut provoquer chez l’organisme humain, se trouvant dans un état de maladie, de surexcitation, de vieillesse, etc., la mort, c’est-à-dire que le facteur cosmique ne provoque pas la mort, mais attire l’organisme se trouvant dans un état d’équilibre instable vers celle-ci.
Il restait à approfondir et à développer ce phénomène. À ce sujet, comme nous, ainsi que le Dr Foer et ses collègues, l’avons clairement exprimé, il est nécessaire d’étudier tous les phénomènes que révèle en elle-même l’activité éruptive et tachetée du Soleil. Et comme nous le savons, l’activité du Soleil, en plus de sa période principale de 11 ans, possède encore de nombreuses périodes de durée variable. De toute façon, un grand nombre de ces périodes peuvent être détectées sur Terre dans les phénomènes électriques et magnétiques de l’atmosphère et de la croûte terrestre. Les phénomènes magnéto-électriques terrestres présentent une dépendance particulièrement marquée vis-à-vis de la rotation synodique apparente du Soleil, ou plutôt du déplacement, conjointement avec le Soleil en rotation, des lieux de perturbations, des centres éruptifs et des taches solaires. La période de rotation (synodique) du Soleil autour de son axe est de 27 jours. Cette période de 27 jours est très clairement exprimée dans le cours des éléments magnétiques du magnétisme terrestre, dans les orages magnétiques, dans les aurores boréales, etc. Dans nos travaux, nous avons maintes fois découvert la présence de la période de 27 jours dans divers phénomènes biologiques. Ainsi, par exemple, un travail spécialement consacré à la présence évidente de la période de 27 jours dans l’activité neuro-psychique a été publié en 1915-1917, dont des extraits peuvent être trouvés dans la « Revue médico-russe allemande » (t. 4, n° 8, p. 411 et 412, août). Mais il est juste de préciser que cette même période de 27 jours dans les fonctions biologiques avait été découverte bien avant nous par d’autres chercheurs.
Svante Arrhenius, en 1898, avait établi une période de 27 jours pour les menstruations, les crises épileptiques et d’autres phénomènes. Le physiologiste russe N. Ja. Perna (1925) a rassemblé un vaste matériel statistique sur diverses fonctions de l’activité physiologique et psychique de l’homme, en partie en s’observant lui-même, et est parvenu à la conclusion de l’existence d’une période de 27-28 jours clairement exprimée. Enfin, en 1920, B. Spear a découvert une période de 27 jours dans le développement des épidémies de grippe. Nous avons indiqué en 1927 que lors des épidémies d’eau de fièvre typhoïde, une telle périodicité se manifestait également. Nous ne citerons pas d’autres exemples, bien qu’il y en ait beaucoup.




