Questions au lecteur. Souvenez-vous de vos héros préférés, des épisodes de leur vie que vous aimez particulièrement. Comment les percevez-vous du point de vue de l’accentuation des archétypes yin et yang : sont-ils actifs, en action, ou les contemplez-vous simplement tels qu’ils sont, tels que vous les avez aimés ? Lisez-vous attentivement, dans vos livres préférés, les descriptions des vêtements des personnages, des paysages, des états d’âme ? La phrase d’un roman a-t-elle un sens : « Son âme était capable de tout contenir » ? Selon vous, qui est le plus apte à la profession de législateur – un homme ou une femme ?
Le talent
Le regard yin sur le talent consiste à le considérer comme quelque chose de donné par Dieu ou dès la naissance, indépendant de la volonté humaine. Bien sûr, on peut le développer, l’exploiter ou l’ignorer, mais il s’agit là d’une action quantitative, non qualitative. De plus, peu dépend de la volonté personnelle. Si une personne se trouve dans un environnement propice à son talent, celui-ci s’épanouit ; s’il ne l’est pas, il se flétrit. Mais tenter de forcer la situation par la volonté personnelle est une entreprise vouée à l’échec et ne produit aucun résultat positif. En d’autres termes, le regard yin sur le talent le représente comme une fleur rare et merveilleuse, poussant soudain dans votre jardin, apportée par des vents inconnus, qui s’épanouit, fleurit et embaume si les conditions climatiques lui sont favorables. En revanche, il est impossible d’agir directement sur elle : ce qui doit être sera.
Le regard yin sur la relation entre le talent et le reste de la vie d’une personne repose généralement sur l’idée que la vie est subordonnée au talent et doit lui céder la place. La vie est perçue comme le sol sur lequel le talent pousse. Si le sol lui convient, le talent s’épanouit mieux ; si les soins apportés au talent sont inadéquats ou absents, il ne portera aucun fruit et dépérira. Cela ne signifie pas pour autant que la personne entreprenne des actions actives pour organiser sa vie. Au contraire, elle estime que son talent, en s’épanouissant, doit façonner les autres circonstances de sa vie qui accompagnent cette floraison, et son rôle se limite à s’adapter et à accepter ce déroulement des événements.
Le regard yang sur le talent est en grande partie opposé à celui du yin. L’archétype yang suggère à l’individu que là où il le faut, il possède le talent nécessaire, que ce ne sont pas les dieux qui façonnent les pots, et que la réalisation de tout programme est le résultat d’une intention énergique et concentrée, qu’il faut mettre en œuvre. Cela peut demander du temps et une persévérance dans l’affrontement des obstacles, mais, en fin de compte, tout se passera comme la personne l’a planifié. En général, l’idée qu’un talent puisse être prédéterminé est étrangère à la vision yang. Pour elle, le talent n’est qu’une capacité exprimée, une chance qui l’accompagne, mais ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel réside dans sa détermination, sa technique, la justesse de son approche du travail. D’ailleurs, la phrase « J’ai du talent » sonne bien plus vaniteuse, prétentieuse et suffisante sous l’archétype yin que sous l’archétype yang. Une personne guidée par l’archétype yang dira « J’ai du talent » avec la même intonation que si elle disait : « J’ai un bon couteau bien aiguisé, très pratique pour couper le pain. » Si elle n’a pas ce talent, c’est-à-dire ce couteau bien aiguisé, elle s’en sortira tout de même avec un couteau émoussé, et le résultat sera obtenu dans tous les cas si elle s’en est fixé l’objectif. Si cette personne se fixe pour but d’améliorer et de développer son talent, c’est-à-dire si elle considère son talent comme un objet d’influence, elle peut lui nuire considérablement en le traitant avec trop de rudesse. Tel est le sort de nombreux sportifs de niveau moyen qui n’ont pas su trouver leur propre style et leur approche du corps physique, privilégiant la détermination et la méthodologie dans des entraînements standardisés, adaptés à certains mais contre-indiqués pour d’autres.
En général, le talent n’aime pas les approches standardisées : il est toujours très individuel, et tant par ses données initiales que par les lois de son développement, une personne à accentuation yin le comprend bien mieux. En revanche, une personne à accentuation yang peut travailler beaucoup plus sur son talent et est plus encline à le réaliser, c’est-à-dire à le concrétiser. En particulier, lorsqu’elle possède des talents non spécifiques à une profession, mais généraux et humanistes – charme, bonté, compréhension, sociabilité –, elle cherche à les utiliser dans son activité directe, en choisissant celle-ci de manière à ce que ces traits de caractère lui soient nécessaires chaque jour, voire chaque heure. Sinon, la présence d’un potentiel non réalisé la dérangera.
L’approche yin diffère de l’approche yang en ce que la personne n’est pas aussi intéressée par la réalisation de ses talents. Pour elle, l’important est ce qu’elle possède et, en principe, elle pourrait les réaliser dans certaines circonstances. Si les circonstances se présentent de manière à lui offrir la possibilité de concrétiser ses talents, elle attendra calmement sans faire d’efforts. Si elle ne parvient pas à trouver de situations favorables à l’épanouissement de ses capacités, elle ne sera pas trop déçue. Pour elle, l’essentiel est d’être, et non d’avoir fait quelque chose.
Abordons maintenant le thème de la créativité.
Le regard yang sur la créativité consiste à imaginer l’originalité, la surprise, l’innovation des solutions trouvées. Pour une personne vivant sous l’archétype yang, la créativité est une sorte d’ornement, un complément agréable à son travail. Une réponse spirituelle inattendue, un rebondissement spectaculaire d’un sujet auquel personne n’avait pensé auparavant – tout cela est bienvenu, mais n’est pas indispensable. En effet, l’énergie même de l’archétype yang est déjà la base de l’acte créatif, car la créativité n’est rien d’autre que le processus de matérialisation du plan subtil dans le dense. C’est pourquoi le thème de la créativité, au sens strict, ne préoccupe pas vraiment une personne de type yang.
Quant au yin, ici le thème de la créativité est compris et interprété tout autrement. Pour une personne vivant sous l’archétype yin, il est caractéristique d’attendre l’illumination créative. Elle divise sa vie en deux parties. L’une est grise, ennuyeuse, peu intéressante, correspondant à son existence ordinaire. L’autre est une vie illuminée par le principe créateur, une grande flamme, ou, à défaut, de petites étincelles qui transforment et métamorphosent complètement son existence. Il serait faux de croire que le principe yin est totalement dépourvu de créativité : chaque particule du monde manifesté est dotée de créativité, mais il s’agit d’une créativité yin, pour ainsi dire routinière, ordinaire, qui ne sort pas du cadre de l’existence quotidienne. L’inspiration spirituelle, en revanche, est l’acte créatif profond et véritable pour la matière, qu’elle attend avec impatience, pour laquelle elle se prépare parfois, parfois non, qui peut la consumer, mais qui constitue le moment le plus éclatant de son existence. On ne peut pas dire qu’en son absence elle s’ennuie. Elle se nourrit de l’énergie quantique qu’elle a reçue un jour, elle se transforme et se modifie sous son influence, mais il s’agit alors d’une autre vie. Une vie baignée par la lumière de la lune, et lorsque le processus créatif s’intensifie, c’est comme le lever du soleil après une longue nuit polaire.
Questions au lecteur.
Est-il plus intéressant pour vous de communiquer avec vos connaissances en posant des questions ou en y répondant ? Considérez-vous l’illumination mystique comme un attribut indispensable du processus créatif ? Votre supérieur hiérarchique vous comprend-il toujours ? Pouvez-vous toujours prévoir vos réactions face aux désagréments ? Existe-t-il des situations ou des circonstances qui renforcent brusquement votre élan créatif ou, au contraire, l’affaiblissent ? La réalisation pratique de vos capacités est-elle importante pour vous ? Comprenez-vous l’expression « porteur de culture » ? Considérez-vous que la réception des visiteurs par un fonctionnaire est une activité créative, ou du moins une activité pouvant l’être ? Trouvez-vous que les professions de juge, critique de cinéma, cordonnier ou chasseur sont créatives ? Peut-on rencontrer sa mort de manière créative ?
La pensée
Il existe de nombreux types de pensée, et chaque personne pense différemment selon les archétypes qui sont actifs en elle à un moment donné.
При цьому легкість, великоваговість, ефективність і багато інших характеристик мислення залежать від того, наскільки вдало включені модальності цього мислення.
Сказане значить, що людина має вміти мислити лише за сприятливих йому поєднаннях модальностей. Однак, звичка і навичка мислення в тих модальностях, в яких йому це робити важко, іноді призводить до незвичайних результатів.
Іньське мислення можна охарактеризувати як адаптивне, що пристосовується. Ця людина у своєму мисленні сприйнятлива до чужих думок та до чужих манер мислення. Він ідеальний як співрозмовник, якщо його партнер хоче змусити його мислити так само, як сам думає. Однак це узгодження є тимчасовим. Сприйнявши чужу манеру та асимілювавши її, людина може деякий час у ній перебувати, проте потім асимілювати якусь ще манеру, і тоді стара манера мислення перестає ним використовуватись.
Перебуваючи під впливом иньского архетипу, людина схильна не так заперечувати, скільки пристосовувати цю тезу, навіть якщо вона їй не подобається і суперечить її картині світу (або даного фрагмента світу), до свого бачення ситуації, а точніше, змінювати своє бачення ситуації відповідно до тієї думки, яка до неї передана партнером.
Для іньського мислення характерна, так би мовити, правопівкуля, тобто різні асоціації, образи, метафори, що розвивають, доповнюють, модифікують думку людини. Це самоврядний перебіг ментального процесу, і людина не вважає, що він повинен ним керувати, і його мислення, будучи виражене назовні, може бути названо думками вголос. Це типово для жінок, які не мають на увазі, що те, що вони говорять, є фінальним продуктом їхнього мислення чи приводом для дій партнера. Вона ніби міркують самі з собою, адаптуючи ту нову думку, яка прийшла до них у голову, зсередини чи зовні, до своєї ментальної картини світу.
Якщо ви спробуєте в такого роду монолозі вловити якусь логіку або мету, то у вас, швидше за все, це не вийде, або ви отримаєте хибне уявлення про цілі та думки свого співрозмовника.
Янское мислення завжди організовано, ніж иньское, але в нього є певна мета, спрямована зовні, тобто до деякому зовнішньому стосовно самого мислення об’єкту, і це мислення прагне регуляції якщо себе, то зовнішнього об’єкта. Для нього характерна логіка, що виводить з одного інше і має цілком певну мету, яка зазвичай звучить наприкінці розгортання янської думки і стає зрозумілим, заради чого ця думка розгорталася.
Що стосується иньского мислення ця мета відсутня як спочатку, й у середині, і наприкінці цього мислення, воно лише створює деяке середовище.
Янское мислення, навпаки, має на увазі певну мету і підводить до неї або людину, або її партнера, співрозмовника, опонента.
Запитання до читача.
Коли ви міркуєте, чи схильні ви втрачати мету свого міркування, забувати її? Чи добре вас розуміють ваші співрозмовники, коли намагаєтеся передати їм свою думку? Чи вмієте ви говорити коротко? Сприймаючи думку іншої людини, чи прагнете ви, в першу чергу, зрозуміти образ цієї думки, чи для вас абсолютно необхідно знати, до чого вона хилить, а без цього ви її не сприймаєте?
Спробуйте знайти образ з рослинного царства, що найбільше відповідає вашим близьким друзям і родичам, тобто знайти овоч, фрукт, кущ або дерево, на яке вони найбільше схожі. Чи важко вам виконати це завдання? Чи отримали ви у процесі його виконання якесь додаткове знання про тих людей, котрим ви шукали образи?
Воля та ініціатива
У янській модальності воля виглядає набагато яскравіше, справляє більше враження, тому може здатися, що в іньській модальності її просто немає. Однак це зовсім не так.
Янська воля спрямована на здійснення, на реалізацію плану, проекту, на дію, звернене зовні. Іньська воля, навпаки, спрямована на підтримку стану об’єкта та на асиміляцію цим об’єктом зовнішніх впливів.
Не треба думати, що ця воля менш відповідальна та менш актуальна, ніж янська.
Типовий приклад. Коли колектив хоче позбутися будь-якого свого члена, він докладає чималу волю для того, щоб виштовхнути його назовні. Однак не менша воля потрібна колективу для того, щоб прийняти в себе нову людину, дати їй адекватне місце та обов’язки. Ця трансформація колективу під впливом людини, що знову прийшла, успішно проходить лише за умови, що вона відома відповідною волею, тобто якщо колектив хоче адаптувати себе до нової ситуації, в даному випадку єдиного життя з новим обличчям.
Іноді іньську волю сприймають як придушення агресії, проте це не так. Для придушення своєї агресії потрібна янська воля, оскільки агресія у разі сприймається як щось зовнішнє стосовно волі людини. Інська ж воля об’єкта є його воля, спрямована на самого себе, на його певну трансформацію та видозміну.
Типовий приклад иньской волі — це воля, спрямовану розслаблення, на релаксацію, коли, наприклад, людина, перебуваючи у «зведеному» стані, хоче заспокоїтися. У цьому випадку жорсткі накази, дані в янській модальності, зазвичай не спрацьовують, і людина починає м’яко вмовляти та балансувати саму себе. Це і є прояв іньської волі.
Те саме стосується і фізичного розслаблення. Не слід плутати іньську волю з янською, яка задіяна в психологічному аспекті контакту і прикривається іньськими ініціативами соціального плану.
Маскування чіткої янської волі іньським соціальним прикриттям типове для маніпуляторів, які хочуть досягти від свого партнера певної поведінки, але не хочуть висловлювати своїх намірів ясно. Вони ніби підводять людину до відповідного рішення, намагаючись, щоб у нього виникло враження, що він дійшов до нього сам.
Так старомодно вихована панночка, спокушаючи хлопця, психологічно чітко маючи намір отримати від нього пропозицію руки і серця, на соціальному рівні невинно демонструє йому свої коліна і альбоми з дитячими фотографіями.
Іньська ініціатива нічого не нав’язує. Вона пропонує об’єкту різні варіанти, шляхи поведінки, ніяк не вторгаючись ні в його цілісність, і не впливає безпосередньо на його волю.
Так привітний господар запрошує гостя: «Заходьте, будь ласка, розташовуйтеся, можна на кріслі, можна на дивані, можна на килимі на підлозі, почувайтеся як удома». Ця ініціатива ніби обволікає свій об’єкт м’якою пухнастою хмарою, що іноді, щоправда, скорочує можливості дихання та пересування, але не маючи на увазі прямо регулювати його поведінку, не позбавляючи його можливості вибору, — швидше, навпаки, розширюючи ці можливості.
Янська ініціатива схожа на удар колуна, що розколює поліно надвоє. Вона спрямована на суттєві зміни в об’єкті, які по відношенню до людини сприймаються як зовнішні.
Запитання до читача.
Як ви волієте, щоб вами керували: прямо чи опосередковано, наказуючи чи створюючи певні умови? Чи подобається вам накладати свою волю на ситуацію, яка цьому противиться? Чи легко вам прийняти чужу думку, якщо вона сильно відрізняється від вашої? Чи подобається вам вчитися, чи ви волієте вчити? Чи вважаєте ви, що сучасна молодь має неприпустимі форми одягу та танців?
Як ви думаєте, яка жінка в наш час має більше шансів опанувати серце чоловіка — та, яка одягне штани, підійде до нього і скаже: «Пішли зі мною», — або та, яка, одягнувши коротку спідницю, дефілюватиме біля нього, нічого не кажучи прямо?
Розвиток
Іньскій погляд на розвиток полягає в тому, що воно відбувається саме по собі, що це є природний процес, що самоорганізується, якому можна допомагати, уважно вивчаючи його закономірності, але ця допомога повинна бути непрямою, тобто полягати в створенні умов, але не в прямому втручанні.
Іншими словами, дбаючи про зростання деревця, послідовник іньского принципу його поливатиме, акуратно розпушуватиме землю навколо коренів, ставитиме підпори під гілки, коли вони будуть згинатися під вагою плодів, в крайньому випадку, злегка підстригати крону.
Стосовно ситуації, в якій виявляється людина, вона шукатиме шляхи регулювання її розвитку у своїх внутрішніх резервах або в резервах самої ситуації, вважаючи, що коли зовнішня допомога принципового порядку знадобиться, вона прийде сама.
Le regard yang sur le développement est en grande partie opposé. L’individu guidé par l’archétype yang estime que le développement doit être maîtrisé et que, de surcroît, des idées précises concernant le futur doivent être définies, puis il tente d’orienter la vie de l’objet en fonction de ces idées. Insatisfait du système racinaire, il est capable de creuser le sol et de couper la moitié des racines ; s’il n’est pas satisfait de la façon dont l’arbre pousse, il peut élaguer la moitié de ses branches et y greffer de nouvelles, ou encore plier son tronc avec une corde et le laisser dans cette position pour qu’il pousse dans une autre direction. En général, l’approche yang croit davantage à l’influence directe qu’au changement de l’environnement et à l’influence indirecte, qu’elle juge peu efficace.
Si l’on parle d’une situation sociale ou vitale particulière, l’approche yang consiste à réexaminer et réévaluer le passé, tout en planifiant soigneusement l’avenir, en y investissant de l’énergie et en le mettant activement en œuvre, car rien ne tombe du ciel par hasard. Si certaines options de développement semblent indésirables à l’individu, il lui conseillera de s’y opposer activement en prenant des mesures réfléchies et préparées à l’avance.
L’approche yin, lorsqu’il s’agit d’envisager un avenir désagréable, se réduit souvent à ce que la personne déclare : « Ah, comme j’en ai peur ! » sans pour autant envisager de faire quoi que ce soit en fonction de cette crainte. À l’inverse, l’approche yang, dès les mots « j’ai peur », suppose automatiquement certaines actions qu’elle entreprendra pour réduire autant que possible les risques d’un déroulement défavorable des événements.
En somme, yang met généralement l’accent sur l’avenir, tandis que yin se tourne vers le passé. Le yin s’appuie sur le passé, estimant que l’avenir en découle naturellement. Le yang, lui, est tourné vers l’avenir, allant parfois jusqu’à considérer le passé comme un simple ajout secondaire. Il est probable que cette particularité soit liée à l’adage bien connu selon lequel ce qui intéresse une femme, c’est son passé, et ce qui intéresse un homme, c’est son avenir.
Question au lecteur. Vous observez un arbre qui pousse mal. Qu’est-ce qui attirera d’abord votre attention : le sol sur lequel il pousse ou ses branches et son feuillage ? Dans quoi voyez-vous généralement la source des problèmes de développement : dans une mauvaise compréhension des tendances évolutives ou dans un passé difficile de l’objet en développement ? Pensez-vous que l’expérience enfantine détermine pour l’essentiel tout le destin ultérieur d’une personne dans ses aspects essentiels ? Croyez-vous qu’un individu peut se rééduquer et se transformer complètement en entamant ce travail à l’âge adulte ? Pensez-vous que l’avenir exerce une influence plus forte sur l’être humain que le passé, ou bien défendez-vous l’opinion inverse ?
On sait que si la reine des abeilles meurt, les abeilles en prennent une autre au hasard, la placent à sa place et la nourrissent d’une manière particulière ; après un certain temps, elle grossit et devient une vraie reine. Considérez-vous ce phénomène comme un archétype de la vie ou simplement comme une curiosité biologique dépourvue de toute signification philosophique ?
Énergie
À première vue, l’énergie en elle-même semble avoir une nuance yang. Pourtant, ce n’est pas le cas : c’est simplement que l’énergie yang attire davantage l’attention, elle intervient activement, elle détruit ou elle construit, mais de telle sorte que l’on voit la personne qui s’en charge, l’idée qu’elle met en œuvre, et l’artificialité de ce qui se produit, voire une certaine perturbation de l’ordre établi, une intervention énergique.
L’énergie yin, en revanche, est souvent perçue d’emblée comme quelque chose d’évident. L’énergie d’adaptation, l’énergie de transformation de l’objet nécessaire à son assimilation d’une action donnée, passe souvent inaperçue à la conscience humaine. Comme si ce qui se produit allait de soi, bien que cela ne signifie pas que la nature des choses, dans cette compréhension, n’exige pas une énergie considérable pour ces transformations.
L’énergie de patience, l’énergie dépensée par l’auditeur lorsqu’il reçoit un message ou une information en provenance de l’environnement, l’énergie que l’individu consacre à assimiler un point de vue étranger et à l’intégrer dans son espace intérieur, c’est-à-dire à l’incorporer à son monde intérieur, l’énergie que le fœtus dépense à l’intérieur de sa mère — tout cela sont des exemples d’énergie clairement accentués par l’archétype yin.
Si un objet manque d’énergie yin, il apparaît, du point de vue d’un observateur extérieur, comme totalement apathique, passif, sans aucun attrait, et toute influence exercée sur lui se heurte à une inertie totale. Le proverbe à leur sujet dit : « Comme un pieu sur la tête, ça ne sert à rien. »
À l’inverse, un excès d’énergie yin confère à l’objet une certaine aura, c’est-à-dire une fine radiation qui se répand dans l’espace et semble inviter une énergie extérieure ; cet objet semble attendre une certaine influence. Une fois celle-ci reçue, il réagit parfois de manière très intense, s’assimilant à elle et se transformant considérablement en conséquence. C’est ainsi que le champ printanier attend la semence, la jeune fille attend son bien-aimé, le lecteur attend la parution d’un nouveau livre de son auteur préféré.
Question au lecteur. Où ressentez-vous le plus d’énergie : dans un pistolet chargé ou dans la balle qui en sort immédiatement après le tir ? Quels partenaires préférez-vous : ceux qui sont mystérieux et pleins d’un potentiel intérieur encore non révélé, ou ceux qui agissent avec une énergie immédiate, des élans et des conversations dynamiques ? Quel passage d’un livre vous intéresse le plus : le début, où l’intrigue se noue à peine et où les futurs périples ne font que s’esquisser, ou le point culminant, l’action dramatique directe ? Quelles scènes de film attirent davantage votre attention : celles chargées de tension psychologique ou celles qui mettent en scène une action dynamique immédiate ? Pensez-vous que l’expérience apporte de la force à l’être humain ?
Ancres
En psychologie, les ancres sont des expériences particulièrement marquantes, conscientes ou inconscientes, qui agissent comme des aimants pour divers états et associations actuels, c’est-à-dire des expériences auxquelles la personne revient sans cesse. Les ancres yin sont certains états de la personne qui, pour une raison ou une autre, se sont gravés dans sa mémoire et servent en quelque sorte de modèles pour de nombreux états de sa vie ; c’est en fonction de ces états ancrés que la personne mesure largement sa propre existence.
Un exemple typique est l’état dépressif qui a un jour visité une personne, et depuis lors, toute mauvaise humeur, toute forte contrariété ramène, consciemment ou inconsciemment, cette personne à cette dépression autrefois vécue. Cette dernière colore ainsi de nombreuses de ses difficultés psychologiques, même si elles n’ont aucun lien avec l’expérience ancrée initiale.
On peut supposer que l’expérience devient une ancre lorsque la psyché de la personne s’aligne directement sur tel ou tel archétype, ce qui produit sur elle une impression très forte. Après cela, chaque fois que cet archétype se manifeste, même faiblement, dans la vie de la personne, des souvenirs conscients ou inconscients du moment de contact direct avec lui émergent dans sa mémoire.
Ainsi, par exemple, l’état dépressif s’imprime probablement et devient une ancre lorsque, pendant sa dépression, la personne entre directement en contact avec l’archétype de la Grande Tristesse.
De même, une peur ancrée apparaît lorsque l’archétype de la Destruction entre dans la vie de la personne sous une forme rigide, celui que la mythologie indienne symbolise par la déesse Kâlî, portant un collier de crânes ensanglantés.
Les ancres yang sont liées à une implication intense de l’archétype de l’influence, souvent dans une variante défavorable, c’est-à-dire de l’archétype yang dans une octave inférieure, lorsque l’influence a été préparée ou adressée à une matière non prête à la recevoir. Ce type d’ancres crée chez la personne un sentiment d’incapacité à agir de manière constructive et efficace, mais il est caractéristique que ce sentiment n’apparaît pas au moment où elle se prépare à agir — à ce moment-là, elle est plutôt sous l’emprise de l’archétype yin —, mais au moment où elle passe à l’action.
Ses bras lui tombent littéralement, son énergie, sa précision disparaissent, et en observant ses actes, on a l’impression qu’il se nuit à lui-même délibérément. Il peut lui-même dire qu’il a soudain l’impression de ne pas pouvoir atteindre son but. Tel est l’un des ancres yang négatifs les plus courants.
Un autre ancrage yang négatif courant est lié à une influence marquée par la rudesse, par exemple lorsque, au lieu d’exprimer poliment et précisément son mécontentement envers son partenaire, une personne se met à crier, à brandir les poings et à l’accuser globalement, en employant des mots qui n’ont aucune chance d’être entendus. Résultat : un conflit, voire une rupture. À l’inverse, un ancrage yang positif offre à l’individu un soutien exceptionnel dans les situations d’action. Il perçoit le moment opportun pour agir, oriente son action avec précision et reste attentif à l’objet de son influence. Ce type d’ancrage yang positif se rencontre chez les enfants dont les parents, au lieu de les étouffer, encouragent leur autonomie et leur créativité dans les jeux. Un père qui, en jouant aux échecs avec son fils, gagne toujours contre lui, a très peu de chances de voir son enfant accomplir quoi que ce soit dans sa vie une fois adulte.
Tous les ancrages ont une projection sur le corps physique. En particulier, les ancrages yin se manifestent par des tensions musculaires, une posture et une démarche caractéristiques, difficiles à surmonter pour la personne. Les ancrages yang négatifs se traduisent par une raideur des mouvements, une incapacité à contrôler volontairement son corps, une mauvaise coordination. À l’inverse, les ancrages yin positifs se traduisent par la capacité à se détendre, à s’adapter à toute position selon l’environnement, comme un liquide prenant la forme du récipient. Les ancrages yang positifs se révèlent dans la capacité à transformer l’énergie musculaire en énergie motrice, à exécuter efficacement divers exercices physiques.
Questions au lecteur.
Y a-t-il dans votre vie des circonstances, des états ou des événements auxquels vous revenez constamment dans votre vie quotidienne ? Essayez de déterminer la modalité de ces circonstances et de ces états. En discutant avec une personne, essayez de repérer quels sont ses renvois au passé qui sont des ancrages. Notez dans quelle modalité ils se situent — yin ou yang. Ces souvenirs influencent-ils son comportement actuel ? Observez-vous vous-même, observez votre entourage. Essayez de trouver vos ancrages yin et yang dans votre corps physique. Quelles parties de votre corps ressentent souvent de la fatigue, une douleur sourde et lancinante ? Quelles parties de votre corps sont peu sensibles ? Quels mouvements vous réussissent moins bien que d’autres ? Qu’est-ce qui vous est plus difficile : vous pencher ou vous redresser ? Courir une courte distance à toute vitesse ou une longue distance lentement ?
L’enlisement
L’enlisement psychologique désigne un état dont une personne ne parvient pas à sortir, bien que, d’après le contenu de ce qui se passe, elle devrait l’avoir fait depuis longtemps. L’enlisement sous l’archétype yin est un état où la personne a clairement besoin d’aide et pourrait sortir d’une situation donnée grâce à ses propres ressources, mais elle tente sans cesse de s’adapter à la situation existante, tout en appelant à une intervention extérieure qu’elle rejette ou évite catégoriquement si elle est proposée. Par exemple, certaines personnes ont tendance à beaucoup travailler sur elles-mêmes et, au cours de ce travail, à s’immerger entièrement dans leur monde intérieur et à s’y enfermer. Dans certains cas, ce comportement est utile, voire nécessaire, mais il a ses limites : à un moment donné, la personne doit sortir et recevoir des impressions du monde extérieur, voire y accomplir quelque chose. Sans cela, ses processus internes risquent de pourrir. Pourtant, cette personne peut rester des années durant prisonnière de son monde intérieur, sans avoir ni la force ni l’envie d’en sortir.
L’enlisement yin se manifeste par l’incapacité de la personne, dans certains de ses états, à accomplir des actions qu’elle devrait avoir faites depuis longtemps, mais pour une raison ou une autre, elle est totalement incapable de passer du yin au yang au bon moment et d’accomplir ce qu’elle doit faire : se lever du lit et aller travailler, divorcer, arrêter quelque chose.
L’enlisement yang est typique, par exemple, d’une situation où une personne tente de faire quelque chose sans en avoir le potentiel nécessaire ou en se heurtant à une résistance trop forte du matériau. Au lieu de changer la nature de son activité, par exemple en augmentant son potentiel en intégrant temporairement un élément yin et en apprenant quelque chose, la personne peut continuer à frapper inlassablement la terre gelée à la pelle sans parvenir à y creuser ne serait-ce qu’un centimètre. Ainsi, des parents exigent jour après jour les mêmes choses de leurs enfants ou leur font les mêmes reproches, mais la situation ne bouge pas pendant des années, et leurs appels aux vertus les plus simples de la vie — se laver les mains avant de manger, être poli avec les aînés, tenir ses promesses — restent comme une voix criant dans le désert.
Questions au lecteur.
Réfléchissez à ce qui vous enlise dans votre vie : votre vie familiale, votre vie professionnelle, vos relations familiales, avec des partenaires, avec un supérieur hiérarchique, avec des subordonnés ? Gardez à l’esprit que l’enlisement en tant que concept relève de l’archétype yin, donc, dans ce cas, pour déterminer les modalités de vos enlisements, vous devez évaluer les submmodalités de votre comportement, car l’enlisement, par son essence, consiste à maintenir un stéréotype établi, c’est-à-dire à préserver un certain état, ce qui signifie yin. Votre tâche est de déterminer la submmodalité de votre enlisement. Par exemple, l’habitude de jurer quand on ne devrait pas le faire a une submmodalité yang, tandis que l’habitude de se taire a une submmodalité yin. Lorsque vous vous séparez d’une personne, regrettez-vous souvent par la suite votre initiative de rupture ? Lorsque vos relations avec des personnes prennent fin, cela demande-t-il généralement des efforts particuliers de votre part ou se produit-il plus souvent de manière naturelle ? Selon vous, quelle mort est plus naturelle pour l’homme : un déclin lent ou une fin rapide et inattendue ? Avez-vous du mal à terminer une conversation avec une autre personne ? Remarquez qui prend l’initiative de mettre fin à la communication : vous ou votre partenaire ? Avez-vous du mal à renoncer à vos habitudes quotidiennes ? Si vous le faites, le faites-vous rapidement et énergiquement ou lentement et progressivement ?
Le travail
Le travail, ou plus largement l’activité, est généralement associé à l’archétype yang. Pourtant, une partie au moins, et non des moindres, du travail se déroule sous l’égide du yin. Cependant, comme tout ce qui est lié à cet archétype, il est moins visible, moins évident, et produit moins d’impression sur une personne distraite. L’activité yang est clairement teintée : elle implique une idée d’influence, un agent d’influence et un objet d’influence, c’est-à-dire la matière qui subit cette influence ; l’accent est mis au maximum sur l’agent et sur l’action, tandis que l’objet d’influence attire beaucoup moins l’attention. « Aujourd’hui, j’ai beaucoup travaillé », déclare fièrement un homme à sa femme en rentrant le soir, fatigué et dans l’attente d’une récompense pour ses efforts. Peu importe qui a été l’objet de ce travail à ce moment-là, ce qui compte, c’est le sujet, c’est-à-dire la personne, et le fait même de son activité. Du point de vue du yin, cette division n’existe pas. Il n’y a pas d’agent d’influence, il n’y a qu’un objet d’influence, c’est-à-dire un objet dans lequel s’opère un certain travail, une certaine transformation. « Qu’est-ce que tu fais ? » — « Je ressens. Je ressens ce qui s’est passé. » Du point de vue yang, ce n’est pas du travail, mais du point de vue yin, c’est du travail, et même très sérieux. Par exemple, le travail de deuil. Il n’est pas un hasard si, dans presque toutes les cultures, une période de deuil est observée après la mort d’un mari ou d’une femme : la personne endeuillée se limite à des activités extérieures, son énergie devant être consacrée à l’adaptation aux nouvelles conditions de vie. Bien sûr, une partie de son énergie est dirigée vers l’aide à l’âme du défunt, et c’est l’aspect yang du deuil, mais dans la psyché de nombreuses personnes, il est secondaire, tandis que l’aspect yin primaire, c’est-à-dire l’adaptation à une nouvelle vie sans le compagnon ou la compagne auquel ou à laquelle la personne s’était habituée pendant de nombreuses années de vie commune, est primordial. De même, lorsqu’une personne se retrouve dans une situation nouvelle pour elle, elle doit d’abord s’y acclimater, un certain temps s’écoule avant qu’elle ne commence à accomplir les tâches propres à sa nouvelle position, mais le fardeau qui pèse déjà sur elle est réel. Ce fardeau intérieur est un travail sous l’égide de l’archétype yin.
De nos jours, un mot spécial est apparu, « la bringue », qui désigne une activité yin au sein d’un groupe de personnes non engagées dans une activité créatrice ou instrumentale yang concrète.
En réalité, une soirée entre amis n’est pas nécessairement synonyme d’oisiveté : parfois, c’est une vie intense et un travail soutenu, lié à la formation d’un groupe et à l’adaptation de chacun en son sein. En principe, si l’on considère l’équilibre entre yin et yang, inhérent à tout système écologique et naturel, toute entreprise qui se fixe des objectifs et organise son équipe pour les atteindre, c’est-à-dire qui fonctionne sous l’égide de l’archétype yang, doit, pour maintenir cet équilibre, prévoir des mesures où, au contraire, l’aspect yin sera clairement présent. Les dirigeants expérimentés organisent à cet effet des fêtes, des sorties collectives ou des voyages pour leurs collaborateurs.
Question au lecteur.
Connaissez-vous cet état d’occupation intérieure où, extérieurement, vous ne faites rien, vous ne pensez à rien, mais où les impressions récemment vécues sont si fortes que vous devez les assimiler intérieurement, et tant que cela n’est pas fait, vous n’êtes pas capable d’agir de manière constructive ?
Comprenez-vous le crabe qui ne se déplace que de côté ?
Selon vous, quels efforts sont les plus efficaces : les efforts directs ou les efforts indirects, liés à la création d’un environnement et d’une ambiance appropriés ?
Pour vous, qu’est-ce qui est le plus important pour accomplir un travail de manière efficace : formuler précisément son objectif et établir un plan, ou parvenir à un certain état d’esprit, par exemple, s’inspirer ?
Avez-vous l’habitude d’attendre le bon moment pour agir, ou estimez-vous que l’essentiel réside dans votre ferme intention et dans des actions professionnelles adéquates ?




